ACTE III, SCÈNE V
sophie, s3 apercevant du mouvement de Tèrigni.
Mais, pardon; ma présence ici vous contrarie, Je le vois.
Point du tout. Vous, nous gêner! en rien.
SOPHIE
Je n'interromprai point un si vif entretien ; Et quand ma tante , exprès , à l'écart se retire , Son exemple vaut bien qu'on limite et l'admire.
MADAME SAINT- A LARD, Se l'approchant avec
Dablanville.
Que dites-vous donc là, ma nièce, s'il vous plaît? dablasville, bas a madame Saint-Alard.
Me trompé-je ! Voyez qu'elle l'aime en effet.
SOPHIE
Je dis.... je n'ose pas dire ce que je pense.
{Pendant cette scène, Tèrigni est fort embarrassé; Dablaiwille observe avec soin tout ce qui se passe. Fabrice, un peu en arrière des autres personnages, observe également : à chaque motd'Aglaé, de Dablaiwille et de madame Saint- A lard, il semble sur le point de parler, et il doit avoir quelque peine a se contenir. )
Notre entretien était de fort peu d'importance : Nous parlions... poésie... et beaux-arts...
SOPHIE
En ce cas .
Que plus long-temps encor je ne vous trouble pas ; Car ces choses me sont tout-à-fait étrangères.
MADAME SAINT-ALARD
Grâce au ciel, à ma fdle elles sont familières. Tome JT. i 5
AGLAÉ
Je ne me prévaux pas d'un peu d'instruction... Ma mère a tant soigné mon éducation....
SOPHIE
L'instruction , sans doute , est un grand avantage ; Plût au ciel qu'on en fît toujours un bon usage! Mais pour humilier des cœurs simples et francs , On tire vanité souvent de ses talents.
AGLAÉ
Quoi! seriez-vous jalouse ?
TÉRIGNI.
Y pensez-vous , Sophie ?
Vous mettez une aigreur dans chaque repartie !
sophie, avec dépit , a Tèrigni.
Défendez-les , quand c'est à vous seul que j'en veux.
Ah! c'en est trop enfin....
DABLANVILLE.
Calmez-vous toutes deux.
(J Sophie.) Est-ce notre amitié pour lui qui vous offense ? Dans ses nouveaux amis un peu de confiance. Eh ! nous ne voulons tous , mon Dieu ! que son bonheur.
SOPHIE
Mais comment se fait-il que Fabrice et sa sœur Par lui soient oubliés , quand il arrive à peine , Et qu'avec tant d'apprêt loin de nous on l'entraîne ?
DABLAXVILLE.
Quoi ! n'est-ce que cela ? causez en liberté : Justement , par madame à l'instant consulté , Il faut que sur un point je confère avec elle.
(En offrant la main à madame Saint-JIard. Venez.