SCÈNE VIL
VICTOR, DORLIS, FLORIMON.
FLORIMON.
Eh bien ! mon ami , où en es-tu avec ta belle Sophie ?
VICTOR
Avez-vous causé avec la mère ?
Aimes-tu toujours la demoiselle?
VICTOR
Répond-elle à vos sentiments?
FLORIMON.
Quand l'épouses-tu?
DORLIS.
Oui , tu es un charmant garçon ; tu me promets des merveilles et tu ne fais rien : si le hasard ne m'avait pas mieux servi que toi....
FLORIMON.
Comment, le hasard?...
DORLIS.
Eh! oui , je cherchais sous quel prétexte les aborder. Ces mauvais chanteurs italiens sont venus les étourdir de leur détestable musique.
VICTOR
Détestable! oh! je vous réponds qu'il y en a parmi eux qui chantent fort bien.
DORLIS.
Qu'ils chantent bien ou mal , que m'importe ? ils étaient ivres; ils ont insulté ces clames.
FLORIMOtf.
Pas possible.
C'est comme je te le dis ; ils voulaient absolument les forcer à les entendre.
VICTOR
En vérité!
DORLIS.
Oui. Moi, je n'ai pas pu me contenir.
FLORIMON.
Je te vois d'ici; en galant chevalier, tu prends la défense des belles insultées, tu chasses les insolents chanteurs , et te voilà en conversation réglée : le résultat de l'entretien?
DORLIS.
Le résultat, c'est qu'il faut quitter Montargis dès aujourd'hui.
FLORDION.
Comment! t'aurait-elle déjà témoigné son aversion?
DORLIS.
Au contraire, je crois même qu'il ne serait pas impossible de m'en faire aimer.
VICTOR
La mère aurait-elle pénétré vos sentiments?
DORLIS.
La mère ma comblé de politesses ; elle m'a engagé à la venir voir pendant mon séjour à Montargis.