‹ ŒuvresChapitre 18 sur 345 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

VICTOR, DORLIS, FLORIMON.

FLORIMON.

Eh bien ! mon ami , où en es-tu avec ta belle Sophie ?

VICTOR

Avez-vous causé avec la mère ?

Aimes-tu toujours la demoiselle?

VICTOR

Répond-elle à vos sentiments?

FLORIMON.

Quand l'épouses-tu?

DORLIS.

Oui , tu es un charmant garçon ; tu me promets des merveilles et tu ne fais rien : si le hasard ne m'avait pas mieux servi que toi....

FLORIMON.

Comment, le hasard?...

DORLIS.

Eh! oui , je cherchais sous quel prétexte les aborder. Ces mauvais chanteurs italiens sont venus les étourdir de leur détestable musique.

VICTOR

Détestable! oh! je vous réponds qu'il y en a parmi eux qui chantent fort bien.

DORLIS.

Qu'ils chantent bien ou mal , que m'importe ? ils étaient ivres; ils ont insulté ces clames.

FLORIMOtf.

Pas possible.

C'est comme je te le dis ; ils voulaient absolument les forcer à les entendre.

VICTOR

En vérité!

DORLIS.

Oui. Moi, je n'ai pas pu me contenir.

FLORIMON.

Je te vois d'ici; en galant chevalier, tu prends la défense des belles insultées, tu chasses les insolents chanteurs , et te voilà en conversation réglée : le résultat de l'entretien?

DORLIS.

Le résultat, c'est qu'il faut quitter Montargis dès aujourd'hui.

FLORDION.

Comment! t'aurait-elle déjà témoigné son aversion?

DORLIS.

Au contraire, je crois même qu'il ne serait pas impossible de m'en faire aimer.

VICTOR

La mère aurait-elle pénétré vos sentiments?

DORLIS.

La mère ma comblé de politesses ; elle m'a engagé à la venir voir pendant mon séjour à Montargis.

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