DURMONT, CÉCILE, LAMBERT, MALINVAL, LE DOMESTIQUE, ARMAND
M \ l i w v a l , continuant.
Eh ! bonjour , mon cher Armand , soyez le bienvenu ; nous vous attendions avec impatience.
DURMON T.
Fort bien ! le voilà qui fait les honneurs de ma maison.
M A LIN VAL
Mon cher Durmont , voulez-vous permettre que je vous présente ce jeune homme, digne à tous égards.... DU RM Olf T.
Votre recommandation , sans doute , est très-précieuse , mon voisin ; mais Armand n'en a pas besoin. Je vous sais bon gré , mon jeune ami , de répondre aussi bien à mon invitation.
ARMA N D
Combien elle m'est agréable ! Mademoiselle veut-elle me permettre de la saluer?
CÉCILE
Tous nos amis sont en bonne santé?
Us m'ont tous chargé de vous faire part de leurs regrets; ils craignent de vous avoir perdus pour longtemps.
DURMONT,
Oh ! nous les reverrons.
3oa LES VOISINS.
HÀLINTAL.
Oui , sans doute , nous les reverrons ; mais c'est que la campagne a tant d'agréments ! ma foi , vive la campagne pour l'aisance, la liberté î xi Paris, on est tourmenté , harcelé par mille importuns , mille fâcheux.
LAMBERT
Oh! l'on en trouve partout; n'est-il pas vrai., Durmont?
MALINVAL.
Vous avez bien raison ; mais enfin quels sont les plaisirs de Paris ? Dans les promenades publiques , une foule, un vacarme, des filous, des petits chiens.
LAMBERT
Ne me parlez pas des spectacles , des calembours pour de l'esprit, des madrigaux pour du sentiment, des fripons qui font les délicats, des adultères qui font de la morale , et des voleurs qui font de la sensibilité.
DU RM ONT.
Que voulez-vous , la comédie est la peinture du monde.
MALIN VAL
Des tombeaux , des spectres , des prisons , des hommes qui se battent , des chevaux qui dansent , les petitesmaisons du Parnasse , qui nous ont été apportées avec les nouveaux romans.
DURMONT.
Marchandises anglaises qu'on aurait dû prohiber avec les autres.
LAMBERT
Mœurs scandaleuses , égoïsme poussé à l'excès ; chacun songe à soi , oublie l'univers ; il s'est établi un nouveau commerce de faillites, qu'on appelle des malheurs: et de malheur en malheur , on achète des terres , des maisons . et l'on marie ses enfants.