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COMÉDIE EN CINQ ACTES ET EN PROSE

Kpprésentée pour la première fois le 6 novembre 1799.

Est-ce ma faute * mni si mon pèren'a pas épousé ma tnèrei Acte HT. '..-rue VIII.

Je fus bien content et bien étonné du succès de cettr comédie. Je ne croyais pas avoir si bien fait. Ce n'était, d'abord qu'un petit opéra-comique en un acte. Il fut présenté et refusé avec justice aux deux théâtres d Opéracomique qui existaient alors. Pressé par le besoin de soutenir un théâtre, je crus que de ce mauvais opéracomique je pourrais faire une comédie en trois actes assez agréable. Je lavais déjà terminée, je l'avais lue à mes amis, qui la regardaient comme un joli pendant au Voyage interrompu, lorsqu'un comédien, homme d'esprit, me dit assez naïvement que, pour sauver notre théâtre, menacé de mort presque à sa naissance ( tant il avait une faible constitution! ), il fallait offrir au public une grande pièce en cinq actes, et non une bagatelle en trois actes. Je sentis toute la force de son raisonnement, et je mis mon Collatéral en cinq actes. La pièce réussit complètement. Son succès se soutient encore. C est peut-être même celle de mes comédies qui amu&i le plus à la représentation.

C'est encore un proverbe de Carmontelle qui me donna lidée de cette comédie. Mais ici l'imitation est bien moins sensible que dans les Voisins , et , si je ne prenais le soin d'en prévenir mes lecteurs dans cette préface, ils pourraient lire le Sot Héritier de Carmontelle

et mon Collatéral sans se douter que le proverbe est la source de la comédie. C est encore l'intrigue de Pourceaugnac; les personnages de Derville et de Pavaret rappellent encore les Etourdis, et le travestissement de madame Saint-Hilaire rappelle un peu le denoùment du Faux Savant , jolie comédie de Duvaure. Mais les moyens de l'intrigue me paraissent assez neufs. Si mon petit avocat se trouve auprès de son ami dans la même situation que Folleville des Etourdis auprès de son ami Daiglemont, il a une physionomie tout-à-fait différente, et ma comédienne qui se travestit en riche héritière me paraît plus originale que la soubrette du Faux Savant, qui se fait passer pour une femme de qualité.

Je n'avais d'autre intention que celle de faire rire. Ainsi ne cherchez dans cette pièce ni but moral, ni peinture de mœurs. A défaut des mœurs du temps, je pris pour base de lintrigue une loi du temps en faveur des enfants naturels. Cette loi a été abrogée. Je prie le lecteur de se prêter à la circonstance, et de s'imaginer que la loi existe encore.

Le personnage de Lasaussaye est celui dont je suis le moins content. Il dit , et on dit de lui qu'il n'est pas un sot, et il croit bien facilement à tout ce qu'on veut lui faire croire. C est cependant ce personnage qui a le plus de succès à la représentation. Cela doit être. Les personnages dupés sont bien plus comiques que ceux qui les dupent. Dans la tragédie, la victime nous fait pleurer: elle nous fait rire dans la comédie.

On m'a reproché d'avoir pris pour intrigant un avocat. Je conviens que Pavaret offre plutôt l'espièglerie d'un

clerc de procureur que la gravité d'un jurisconsulte ; mais, pour la pièce, il fallait un avocat. Il est en voyage, il se regarde comme en vacances ; il s'amuse , et il amuse les autres aux dépens d'un sot. Ceux qui ont fréquenté le palais avoueront qu'il existe encore plus id'un avocat comme mon Pavaret , jovial, railleur, spirituel et grand amateur de comédie. Ceux qui fréquentent les coulisses pourront se rappeler quelques ménages semblables à celui de monsieur et madame Saint-Hilaire. Les gens de province reconnaîtront peut-être le médecin de leur ville dans monsieur Montricbard. Et les personnes qui ont voyagé en voiture publique reconnaîtront, je crois, quelque vérité dans le ton, l'impatience, la rondeur et l'appétit du conducteur de ma diligence.

PERSONNAGES

MONTRICHARD , médecin.

CONSTANCE, sa nièce.

DERVILLE, officier.

PAVARET, avocat.

LASAUSSAYE, marchand de bois.

SAINT-HILAIRE, comédien.

Madame SAINT-HILAIRE, comédienne.

PxOUGEAU, conducteur de la diligence.

ANDRÉ, valet de Montrichard.

MAGDELON , servante d'auberge.

La scène est à Joigny.

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