ACTE I, SCÈNE XI
(Iraient tous mes malades? Tu ne sais donc pas combien le temps d'un médecin est précieux!
Allons , monsieur ; car le cas est bien pressant. Me voilà plus tranquille depuis que je vous ai vu, et d'ailleurs votre zèle m'attendrit jusqu'aux larmes! Ah! j'avais besoin de pleurer! cela me soulage. Ma pauvre femme! (// tire son mouchoir, et s'essuie les jeux. ) Ah! l'on est bien malheureux d'être sensible, et d'aimer comme j'aime !
MONTRICHARD
Ah! je sais ce que c'est que l'amour. André, tu veilleras bien exactement sur la maison pendant mon absence.
ANDRÉ
Oui, monsieur.
MONTRICHARD
J'ai été marié comme vous. (A André.) Ne va pas t'endormir.
ANDRÉ
Non , monsieur.
MONTRICHARD
Et une femme charmante! {A André?) Si ma pupille se réveillait, me demandait, je vais rentrer.
ANDRÉ
Oui, monsieur.
MONTRICHARD
Allons, marchons. Une apoplexie, dites-vous?
PAVARET.
Ah! mon Dieu, oui; c'est venu comme un coup <!< foudre.
MONTRICHARD
La personne est sanguine?
PAVARET.
Oui , très-sanguine et vive ! c'est un salpêtre !
MONTRICHARD
Beaucoup d'embonpoint peut-être?
PAVARET.
Ah ! oui . beaucoup , et depuis sa dernière couche elle n'a fait qu'engraisser. Mais marchons.
(Il fait un pas.)
3IOXTRICHARD.
£h bien ! où allez-vous donc? Vous prenez le chemin opposé
PAVARET.
Le chemin opposé ! vous croyez ? En effet. C'est la
douleur, le trouble Ah! mon Dieu , guidez-moi,
cher docteur, je vous en conjure; montrez-moi le chemin, j'en ai besoin.
MONTRICHARD
Volontiers ; allons , venez , calmez-vous ; je réponds d'avance de madame.
\h ! vous serez mon sauveur, j'ai toute confiance en vous. Vous avez la réputation de ne pas manquer un seul malade. [A Deiville.) Profite du moment, capitaine.'
MONTRICHARD
Trop honnête, en vérité. (A André.) Ne va pas t'endormir, André.
Il part avec Pavaret. )