SCÈNE III
madame DERCOUR, DORLIS, JAVOTTE.
madame dercour , une lettre a la main. Vous dites donc, Javotte, que c'est le valet de La Mortillière qui vous a remis cette lettre?
JAVOTTE
Oui, madame.
MADAME DERCOUR.
Ah! écoutez donc, Javotte ; Jacques a-t-il passé chez Ricard le notaire ?
JAVOTTE
Oui , madame , il ne fait que de revenir ; madame sait aussi bien que moi qu'il y a loin dici chez ce notaire; c'est tout au bout des ponts, comme qui dirait à trois quarts de lieue d'ici.
Eh bien ?
JAVOTTE
Eh bien! madame, on a dit à Jacques que la mère et l'enfant se portaient aussi bien qu'ils pouvaient pour l'instant; ce qu'il y a de fâcheux, c'est que le médecin a recommandé beaucoup de repos, et qu'elle a pour garde la commère Dufour , qui ne déparle pas , comme vous savez.
MADAME DERCOUR.
Et le mari ! toujours là ?
JAVOTTE
Ah ! mon Dieu ! il n'en bouge pas ; c'est comme un amant près de sa maîtresse , et c'est bien naturel , puique c'est sa femme , et qu'ils sont mariés secrètement ; car c'est toujours un mystère , et il a fallu plus de façons pour que Jacques apprît tout cela !
MADAME DERCOUR.
C'est bon, laissez-nous.
( Javolte sort. )