‹ ŒuvresChapitre 292 sur 345 · ACTE II, SCENE XVII. 3q · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XVII. 3q

Au moins vous déjeunerez avant de quitter Joignv.

ROUGE AU

Parbleu !

PAVARET.

C'est que le capitaine, pour nous faire ses adieux, veut nous traiter magnifiquement. Vous en serez , cher conducteur?

ROUGE AU

Beaucoup d'honneur certainement; et je me fais un devoir....

DERVILLE

Parlons franchement, cher conducteur; si je vous disais que j'ai à Joigny des affaires où j'ai besoin de mon ami seulement pour deux heures.

ROUGE AU

Comment !

SAINT- HILAIRE

Que dites-vous?

MADAME SAINT- HILAIRF.

Vous avez besoin de M. l'avocat ?

PAVARET.

Avez-vous dans votre route quelque paquet qu il faille remettre promptement , quelque message important et pressé ; là , de ces choses qui ne souffrent pas de remise?

ROUGE AU

Non pas que je sache ; mais....

PAVARET.

C'en est assez. Oh! si votre retard pouvait causer le moindre tort au service public ou particulier, je me ferais un scrupule.... mais monsieur et madame Saint-

3g4 LE COLLATÉRAL.

Hilaire qui brûlent du désir de se promener dans la ville....

SAINT-HILA1RE.

De nous promener?

MADAME SAINT-HILAIRE

Nous?

PAVARET.

Et puis ce déjeuner qui nous attend.

RODGEAU.

Mais comment me justifier auprès de mes chefs?

PAVARET.

Les relais auraient pu se faire attendre plus longtemps ; la diligence ne peut-elle pas verser une seconde fois? une roue ne peut-elle pas se casser? Supposez qu'un de ces accidents fût arrivé... Mais nous discuterons mieux cette affaire à table. (A Derville.) Je te marie à ta Constance. [A madame Saint-Hilaire.) Vous êtes belle comme l'amour. (A Saint-Hilaire.) Vous me lirez votre tragédie. [A Rougeaud) Nous n'épargnerons pas les pour-boire. (A tous.) Allons déjeuner. (Ils rentrent dans l'auberge.)

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