SCÈNE VIII
MONTRICHARD, LASAUSSAYE, ANDRÉ, PAVARET; DERVILLE, un crêpe au bras.
P AVARET.
Entrez, mon cher client; entrez, le voilà, c'est luimême.
DERVILLE
Ah! mon cher cousin, que je vous embrasse!
LASAUSSAYE.
Monsieur.... mon chcr:-sousin.... je suis vraiment... ravi de vous voir.
PAVARET.
Que je m'applaudis de réunir ainsi deux tendres parents ! Ah! le plus bel office d'un homme de loi n'est-il pas d'arranger, de concilier tout à l'amiable? C'est ainsi qu'un habile médecin reçoit toutes les bénédictions d'une famille quand il arrache au trépas.... Jouissance bien douce , et que vous connaissez , n'est-il pas vrai , docteur ?
MONTRICHARD
Oui, nous avons souvent éprouvé Un garçon
charmant , cet avocat !
dervili i:.
Monsieur est M. Montrichard, le maître de cette maison ? Pardon , si je viens chercher jusqu'ici un parent qui m'est bien cher.
montrichard.
C'est moi qui dois me féliciter Celui-ci paraît fort
honnête.
4»)( LE COLLATERAL.
LASAUSSAYE.
Il est certain que je n'ai pas encore sujet de m'en plaindre, \otre avocat m'a dit, monsieur.... mon cher cousin , que c'était pour moi que vous aviez entrepris un long vovage.
DERVILLE
îl est vrai que , pendant cette longue traversée , l'espérance de voir un parent aussi aimable que vous a souvent soulagé mon cœur ; mais , hélas ! c'est une autre personne que je cherchais. C'est en débarquant à Rochefort que j'ai appris le malheur qui doit faire gémir en môme temps toute la famille.
{Il tire son mouchoir-. ) p a v a r E t , en tirant son mouchoir. Vh ! certainement, toute la famille!
LASAUSSAYE.
Quel malheur donc?
DERVILLE
Ce pauvre M. Dorval!...
PAVAREL
C'était un si galant homme!
LASAUSSAYE, tiran t aussi son mouchoir.
Ah! ah! ah! vous avez bien raison. Pourquoi renouveler mes douleurs?
PAVARET.
C'est ce que je vous ai dit tout le long de la route, mon cher client ; à quoi sert-il de s'affliger ?
M OIVT RICHARD.
J'ai fait ce que j'ai pu pour le sauver.
DERVILLE
Je le sais; mais le pauvre homme avait à mourir; et s'il avait dû être sauvé , c'était certainement par le