‹ ŒuvresChapitre 60 sur 345 · ACTE III, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL

MADAME DITFOUR.

Elle s'était endormie ; monsieur Ricard avait profité du moment pour descendre dans son étude ; car il est notaire, comme vous savez.

victor, a part.

Ah î fort bien , nous sommes chez Ricard le notaire.

MADAME DUFOUR

Eh ! voilà que vous l'allez déranger et forcer de retourner auprès de sa femme Mais qu'est-ce que je

dis , sa femme ? Eh ! non , je me trompe ; et quoiqu'il y ait beaucoup de monde dans le secret , j'espère que ce ne sera pas moi qu'on accusera de l'avoir trahi.

VICTOR

Un secret !

MADAME DUFOUR

Nous autres sages-femmes, nous devons être comme les confesseurs.

VICTOR

Une sage-femme!

MADAME DUFOUR

Tout savoir et ne rien dire.

victor, a part.

Attendez donc ; il aura peut-être bien fait de me retenir.

LA MORTILL1ÈRE.

Que diable voulez-vous donc dire avec tous ces propos ?

MADAME DUFOUR

Comment! ce que je veux dire : eh mais! vous devez m'entendre, si vous n'êtes pas sourd; je ne parle pas hébreu peut-être.

victor , tirant La Mortilliere a part.

Ecoutez donc ! un secret ! une sage-femme dans la maison de la personne que vous allez épouser!

LA MORTILLIERE.

Oh! Oh!

VICTOR

Je ne dis pas qu'il y ait rien là-dessous.... Fi donc! mais il est d'un homme prudent de s'informer.

LA MORTILLIERE.

Oui vraiment , et je m'informerai. C'est que je ne suis pas de ces gens à qui l'on en fait accroire ; nous en avons vu plus d'une à Moulins.

MADAME DUFOUR

Eh bien ! quand vous chuchoterez tout bas ensemble , cela n'avance rien : que voulez-vous ? qui vous amène ici ?

LA 3IORTILLIÈRE.

Comment! ce que je veux, madame?

VICTOR

( A La Mortilliere. ) Laissez-moi lui parler , parce que moi, qui ne suis pour rien dans l'affaire, je garderai mieux mon sang-froid. ( A madame Dufour. ) Là, là, ne vous fâchez pas, ma bonne; il est heureux pour nous que vous soyez la première à qui nous nous adressions dans la maison; ce jeune homme est intéressé à prendre des informations

MADAME DU FOUR

Des informations ! ah ! oui , vous êtes bien tombes ; eh ! oui vraiment , je suis femme à raconter ainsi au premier venu les affaires des personnes qui veulent bien m'accorder leur confiance.

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