‹ Œuvres, lettres et poésies (volume 2)Chapitre 100 sur 151 · A CLÏMÈNE · texte numérisé non relu

A CLÏMÈNE

Je vois bien que je ne sortirai jamais de vos mains, et que tous les desseins que je fais de m'en tirer sont inutiles. Comme vous me faites tous les jours quelque nouveau dépit qui me donne envie de me révolter, je découvre en vous de jour en jour quelque nouvelle grâce qui me retient, et à mesure que mes déplaisirs s'accroissent,vos charmes s'augmentent et mes chaînes se redoublent. Après avoir fait d'extrêmes efforts pour résister à tout ce que je connois de beau dans votre personne et dans votre esprit, il arrive que, quand je vous vois, j'y trouve quelque beauté que je n'y avois point connue et contre laquelle je ne m'étois pas préparé; et il y a en vous une si grande diversité de choses aimables qu'il s'en rencontre toujours quelqu'une contre laquelle je ne me puis défendre.

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