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EXAMEN DES STATUES

« Hors le nu, disait Michel-Ange, point de salut pour la slatuaire : sans le nu, larliste court grand risque de tomber dans le rocailleux et le grotesque. »

Les artistes éminents, auteurs des monuments que l’on vient d'ériger, durent sans doute bien souffrir en prostituant leur talent à l'exécution de sujets si peu faits pour la staluaire.

De quelle indignation M. Simonis ne dut-il pas se

sentir ému lorsque, descendu des hautes régions où son beau génie se nourrit de la ligne pure el sublime des Grecs, il fut contraint de façonner, de son ébauchoir vierge encore, les masses gigantesques ordonnées par le gouvernement !

La sculpture, plus encore que la peinture, exige des sujets de choix. E

grands hommes doive être restreint?

t-ce à dire pour cela que le nombre des monuments à élever aux

Non, mais, à l'exemple des Grecs, Sachons choisir, sachons dépouiller nos

héros de ces accessoires qui, par leur singularité, leur bizarrerie, ont la

triste prérogalive, non-seulement de sympathiser peu avec la beauté des formes, mais encore celle de ridiculiser aux veux de lavenir les grands hommes que nous voulons honorer.

Dans l'examen que je me propose de faire ici, je veax établir, ainsi que pour la peinture, un parallèle entre les œuvres anciennes les plus renommées et celles dont je veux apprécier le mérite. .

Les chels-d'œuvre des Grecs devant me servir comme types du beau, on conçoit que les formes peu seulpturales ordonnées par le gouvernement ne peuvent entrer en lice.

Que dirait en effet l'auteur de l'Anocence, ce grand artiste si conscien-

cieux, si je m'avisais de comparer les formes à la fois sveltes et robustes de l'Achille, du Gladiateur, de l'Hercule, à son héros couvert de la colle de maille, du casque pesant et Au lourd bouclier? Que dirait-il si je comparais

à son gros et magnifique Bayard les chefs-d'œuvre du monte Cavallo ?

M, Jehotte ne me rirait-il pas au nez si, à côté de’son héros enveloppé

d'un habit superbement galonné, chaussé de bottes à l'écuyère et afublé d’une perruque à lois marteaux, je plaçais l'Apollon du Belvédère ?

Bien choisir le sujet est, pour le sculpteur comme pour le peintre, un trait de génie.

Quand les gouvernements comprendront-ils qu'il ne leur appartient pas de dicter aux artistes les sujets qu'ils doivent trailer?

En attendant qu'ils y réfléchissent, examinons ceux qui, libres de toute contrainte, ont suivi leur goût et leurs inspirations.

FRAIKIN (G.-F.).

statue en plâtre. — Inven-

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