‹ Œuvres littérairesChapitre 27 sur 262 · L SE · texte numérisé non relu

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admirateurs de tableaux noirs, et indépendamment de ces diverses opinions, il règne une opinion vénérale, une opinion souveraine, qui dure un temps, passe et se r'enouvelle. Ces manières de voir changent comme la pluie et le beau temps. Le vent de la mode apporte à son gré les tons bruns, les tons gris ou les tons jaunes. Tout le monde se conforme à ces variations. On dit de la couleur d'un tableau : « C'est la mode », commeon dit : « C'est la mode » en parlant de la forme d'un chapeau.

Nous ne nous laisserons point guider par cette autorité d'un jour : notre travail est sérieux. Nous avons à invoquer les lois du beau éternel; ces lois seules serviront de base à notre examen.

La couleur done n’est pas une chose de fantaisie; la comopsition et le dessin ont (les règles, la couleur à des règles aussi.

Une bonne couleur, cest la réunion des qualités suivantes :

Vérité, — Variété, —Lu nière,—Vigueur,— Harmonie,

— Opposition, — Richesse, — Éclat...

Les ressources du peintre sont très-restreintes : le blane de sa palette, par exemple, west que de l'ombre. Pour que le blanc devienne lumière, il faut des oppositions. Plus il y a opposition, plus il y à lumière; plus il ya lumière, plus il y a relief; plus il y a relief, plus il y à

vérité.

Il résulte de ceci que la gamme des tons brillants est la plus propre aux saillies, aux profondeurs, à la rondeur, à l'illusion, à la vérité.

La gamme des tons sombres à moins de puissance; seulement, elle conduit le peintre à une harmonie plus

facile.

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La gamme aux tons brillants va du blanc pur aux noirs les plus intenses.

La gamme aux tons sombres va d'un blanc sale aux grands noirs.

Si cette gamme est comme un instrument à trois octaves, la première est comme l'instrument à quatre octaves, plus puissante que l'autre.

Avec une gamme bien composée, l'artiste n'est pas encore coloriste; s'il a l'instrument, il lui faut encore l'art de s’en servir.

La distribution de l'ombre et de la lumière, le choix des tons convenables à cette distribution, l'opposition des teintes chaudes aux teintes froides, l'économie dans l'intensité des brillants, l'harmonie, ete., tout cela doit être connu du peintre coloriste. Une science qu'il ne peut ignorer surtout, c'est la science du elair-obscur.

Le clair-obscur, en effet, est presque à lui seul la couleur. Voyez une estampe d'après Rubens, un de ces clairs-obscurs traduits par Bolswert : cette estampe n'est pas une estampe, cest un tableau complet; on y voit toutes les richesses de la palette.

Si la plume à peine à décrire l'accident de la forme, quelle doit être son impuissance à décrire la nuance des tons!

Nous avons à parler des couleurs, c'est avec des couleurs que nous devons expliquer notre pensée.

Prenons deux esquisses, d'après Rubens et Titien.

Si nous recherchons les traits caractéristiques dans de simples esquisses, qu'on ne s'en étonne point. — L’esquisse, — supposons-la suffisamment exacte, — renferme les qualités constitutives de la couleur. En effet, la couleur est bien plutôt dans l'ensemble que dans le détail.

Sr Gene

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