‹ Œuvres littérairesChapitre 1 sur 28 · QUAI DES GRANDS- AUGUSTINS · texte numérisé non relu

QUAI DES GRANDS- AUGUSTINS

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PREFACE

Offrir en régal aux délicats les œuvres d'un membre du Comité de salut public peut sembler un paradoxe. Hérault de Séchelles, méditant sur sa courte vie, s'étonnait luimême de la bizarrerie de sa destinée. Marie- Antoinette en avait fait à vingt-cinq ans un avocat général du Parlement de Paris, C'était un fin lettré, un érudit de la race du président de Brosses. Comment les illusions philosophiques, les séductions de l'éloquence et l'ennui du bonheur précipitèrent dans la tempête ce bel épicurien, cousin de la duchesse de Polignac, neveu du maréchal

VI PREFACE

de Contactes, prince, en son temps, des (( intellectuels », c'est ce que nous avons essayé de raconter ailleurs. Nous n'ajouterons que quelques explications indispensables à la lecture des pages qui vont suivre.

A vingt ans, Hérault fît appel à Tindulgence du public en publiant un Eloge de Siiger (1779)^ Nous ne Tavons pas jugé digne de figurer ici ; c'est Tœuvre d'un débutant. Cependant des aperçus fort philosophiques, un ton d'inquiétant respect y donnèrent à sa famille l'occasion de premières alarmes. Hérault s'affirmait déjà comme un ironiste.

La Visite a Buffon est son chef-d'œuvre. C'est le premier modèle d'un genre qui a fait fortune, Vinterview irrévérencieuse des hommes célèbres. Mais où trouver dans les

1. Eloge de M. Suger, abbé de Sainl^Denis, ministre d'Etat sous le règne de Louis VI, dit le Gros, et régent du royaume pendant la croisade de Louis VU, dit le Jeune, par M. Hérault. Paris, Demonville, 1779. — Avec qette épitaphe : Ju^tissimus unus [Virgile].

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