PRÉFACE IX
du charlatanisme) dans sa Mécanique morale. Le Codicille traite assez cyniquement de l'art de parvenir et du culte du moi ; il effraya la famille de l'auteur. L'édition fut anéantie sans avoir eu le temps de se répandre. Nous en possédons un exemplaire, qui, d'après Quérard, serait peut-être unique ; nous en avons suivi le texte, et non celui de la réimpression très fautive qu'en a faite Salgues en 1802, d'après une copie, sous ce titre : Théorie de F ambition.
Les Réflexions sur la déclamation el le fragment Sur la conversation, composés vers 1789, parurent en 1795 dans le Magasin encrjclopédique, t. II, p. 118, ainsi que les Pensées et Anecdotes, qu'on trouvera à la fin de ce volume. Millin les joignit à son édition du Voyage à Montbard. Hérault est le seul orateur de la Révolution qui nous ait laissé une technique de son art ; il l'avait empruntée au théâtre et au barreau. Ses Réflexions sur la déclamation sont un pendant du discours de Ruffon sur le style. Son
PaEFACE
éloquence fut aussi pompeuse que sa prose était simple et naturelle.
On avait négligé jusqu'ici les Détails sur LA société d'Olten, (lont la Bibliothèque nationale possède heureusement un exemplaire, qui ne figure pas au Catalogue. L'ouvrage est anonyme, mais l'authenticité n'en est pas douteuse ; l'auteur l'a signé dans le texte d'un jeu de mots. Il peut prendre place, pour la verve et la malice, à côté de la Visite à Buffon. Hérault le publia dans les dernières semaines de 1790, en revenant d'un voyage en Suisse, où il comptait beaucoup d'amis; à son usage, il se moqua d'eux.
Dans I'Eloge d'Athanase Auger, le célèbre traducteur de Démosthène, qui avait fait d'Hérault de Séchelles un excellent helléniste, on verra comme celui-ci savait fleurir sa prose, choisir ses épithètes et jouer de la flûte, même au bruit des combats et sur le tombeau d'un ami. Sous couleur d'admirer Démosthène, il s'y loue lui-même. Cet Eloge fut lu à la séance publique de la