‹ ŒuvresChapitre 40 sur 186 · LIVRE II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII

tative du pouvoir domestique. De là la consécration religieuse de l'aîné des mâles chez les Hébreux, et presque partout les prérogatives de la primogéniture. Autrefois en France, la mère, à la mort du père, alloit saluer l'aîné et lui présenter les clefs, et les enfans alors étoient plus soumis à leurs mères. Encore aujourd'hui, dans les provinces soumises à la loi romaine, l'aîné avoit une part plus forte dans le patrimoine, et même dans le respect des frères. Cette loi et celle des substitutions étoient pratiquées dans les familles nobles, et étoient la raison de leur perpétuité. Sans inégalité de partage, point de familles agricoles. Le gouvernement a rendu hommage à ce principe méconnu aux jours de délire et de déraison.

Dans l'état de famille qui précède l'état public, à la mort du père et de la mère, lorsque les enfans étoient en bas âge, le pouvoir revenoit à la parenté qui nommoit un tuteur ou régent; dans Fétat public de société, à la mort du père et de la mère , le pouvoir domestique remonte au pouvoir public qui nomme le tuteur sur la présentation des parcns, car celui qui confirme nomme, et même le pouvoir public seul nomme d'office, s'il n'y a point de parcns.

(A) Des épOUX qui divorcent brisent de leurs

propres mains le sceau du pouvoir domestique, et

leurs enfans sont des orphelins, qui, ne retrouvant plus la famille qui leur a donné le jour, devroient tomber sous l'empire du pouvoir public. Sur la fin d'une nation, c'est avec des lois fortes qu'on fait de bonnes mœurs, comme, dans ses commencemens, c'est avec de bonnes mœurs qu'on a fait des lois fortes.

(c) Un enfant n'est jamais émancipé que pour jouir de facultés civiles, et jamais pour acquérir l'iudépendance des devoirs domestiques, indépendance qui seroit contraire à la loi fondamentale d'honorer le père et la mère.

(d) Rien n'est plus contraire à la morale et à l'humanité, que de faire servir l'homme de spectacle à l'homme dans ses difformités morales et physiques. Cet usage barbare peut conduire à des crimes. Il est révoltant devoir montrer des hommes pêle-mêle avec des animaux. On ne devroit pas non plus permettre d'aller voir les loges des fous, ni les laisser vaguer dans les rues, comme un objet de risée et un sujet de malignité pour les enfans.

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