‹ ŒuvresChapitre 93 sur 186 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

» manquât rien au parallèle entre les deux )) états de clergie et de chevalerie , nos anciens » auteurs vouloient étendre sur les chevaliers » l'obligation du célibat. »

L'Eglise étoit divisée en métropoles , en diocèses , en paroisses ; l'Etat en gouvernement ou duchés , districts ou comtés ( depuis bailliages ou sénéchaussées), en liefs. L'une avoit ses ministres gouvernés par un chef, vicaire de Jésus-Christ, pouvoir suprême de la religion ; l'autre, ses nobles commandés par un chef appelé maire du palais , grand sénéchal , enhn connétable , lieutenant né du pouvoir suprême pour la force 9 comme le référendaire ou le chancelier le fut ensuite pour la justice La religion avoit ses ordres religieux et politiques, engagés par des vœux, chargés, même alors, de l'éducation publique et du dépôt des connaissances sociales; la politique avoit ses ordres militaires et religieux, engagés aussi, et par 1rs mêmes vœux, à défendre la religion contre les infidèles : tous les deux avoient leurs tribunaux spéciaux et leurs assemblées générales, conciles, cours plenières, parlemens . états-généraux. Les deux ministères s'appeloient ordres ou personnes ordonnées pour une

fonction qui demande subordination dans les volontés et hiérarchie dans les grades. Ils s'appeloient tous les deux milice ou personnes dévouées , de me lito y je me dévoue, qui , par le changement d'e en i, commun à toutes les langues, même vivantes, a fait milito , je combats (i).

La nature des propriétés étoit absolument la même, et elles portoient le même nom. Le ministère de la religion possédoit des dîmes et des fonds de terre ; le ministère politique possédoit des fonds de terre et des champarts ( campi pars ) , dîme ou tasque (2) , rentes ou censives , etc. , c'est-à-dire une contribution en nature de denrées. Les propriétés des unes et des autres s'appeloient également bénéfices, ou biens employés à faire le bien de la société.

(1) Cette identité s'étend jusqu'au pouvoir même des sociétés. Les rois, dans l'Ecriture, sont appelés Christs, et Jésus-Christ est appelé roi; et jusqu'au nom de fils de l'homme, qui est spécialement réservé à Jésus-Christ, l'Eglise, dans sa liturgie, le donne aux rois, et super

Jilium, homhiis quem confirmasti tibi.

(2) Tasque est le mot taxe, défiguré par le peuple, qui dit tasque au lieu de taxe, comme il dit fisque au lieu de fixe, et sesque au lieu de sexe.

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