‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 17 sur 180 · SUR LA MATIÈRE, A L'ORIGINE · texte numérisé non relu

SUR LA MATIÈRE, A L'ORIGINE

Il est des personnes qui pensent qu’à l’origine des choses la matière était réduite à ses plus simples éléments, et qu’elle était disséminée dans l’espace à l’état de molécules simples, et que c’est peu à peu, par des causes inconnues, qu’il y a eu condensation et rapprochement à des distances permettant aux combinaisons de pouvoir s’effectuer. Alors se sont peu à peu constitués ces globes incandescents ou refroïdis, ces soleils ou ces terres -qui circulent aujourd’hui dans l’immensité. Je n’ai pas besoin d'ajouter que la science rigoureuse n’a pas la prétention d’aller jusque là, malgré les merveilles de ses décou-. vertes, et bien que de nos jours, par exemple, elle puisse se flatter de pouvoir affirmer qu’elle a commencé à démêler avec certitude la nature des éléments qui composent le soleil et les étoiles. (Elle y a retrouvé, chose remarquable, les mêmes principes qu’à la surface de la terre). C’est là le propre du vrai savant. Plus il a rassemblé de données positives, plus il a fait de conquêtes dans le:champ de l’inconnu, plus il est. réservé sur celles de l'avenir. Au contraire, plus un homme a vécu d'idées systématiques et chimériques, plus il a d’audace pour affirmer, parce que le propre des habitudes de sa pensée est de ne pas connaître de règle. e

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