L. Il s’agit de la Note précédente
| Voir, tome VI des Œuvres DE Pasri ur, p. 112-138). (Notes de l'Édition.)
84 Fa Her ŒUVRES DE PASTEUR |
vient à le reporter sur des lapins. ni Fr donne une mala( sable qui les préserve de la maladie mortelle. - “ Pa Fee n des faits de même ordre. : |
elle un vaccin. ya
Je ne saurais trop insister sur tan de ces faits P renferment le secret d'une nouvelle méthode d'atténuatio même que le microbe de la maladie virulente n'aurait EL AR cultivé. in ouro. |
OBSERVATIONS {1} A PROPOS D'UNE NOTE DE M. DUCLAUX /?). [ALIMENTATION D'UN JEUNE ANIMAL AVEC DES ALIMENTS PRIVÉS DE MICROBES)
suggérer l'idée d’un travail auquel le préparent non en que je dépose, en son nom, à l’Académie, mais les travaux non ë rt qu’il a déjà produits sur le rôle des microbes dans la
vor ne jeunes savants qui m D ladtiens. de l'intérêt qu'il : t à nourrir un jeune animal (lapin, cobaye, chien, poulet), dès sa e, avec des matières nutritives pures. Par cette dernière Do fonte désigner des produits alimentaires Fo pri-
ie purs na lait, grains).
“ Que le ee soit pont et smiyt la vue Pre + a je mets
ie soit plus facile et plus active, il y aurait un grand intérêt à r l'expérience.
| Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 5 janvier 1885, C, p. 68. Ducraux (E.). Sur la germination dans un sol riche en matières organiques, mais exempt 1 crobes. Ibid., p. 66-68. (Note de l'Édition.)
SUR LA DESTRUCTION DES LAPINS EN AUSTRALIE __ ET DANS LA NOUVELLE-ZÉLANDE (!)
Paris, le 5 janvier 1888.
La Revue des Deux Mondes à publié, dans son numéro du 15 août
1887, un article de M. C. de Varigny, dont j'extrais les passages suivants : |
Enrichis subitement par la guerre de Sécession aux États-Unis qui fit hausser le prix des laines, en arrêtant la production américaine, les colons de l'Australie se trouvèrent tout à coup disposer de revenus considérables...
Imitateurs zélés des coutumes anglaises, ils se prirent de passion pour la chasse et fondèrent en Australie et à la Nouvelle-Zélande des Sociétés d’acclimatation pour importer d'Europe des lièvres et des lapins. Ce fut une véritable rage, un vent de folie qui souffla sur la colonie... Tout grand propriétaire n’eut plus qu'une idée : se créer une chasse réservée. Le sol et le climat convenaient si merveilleusement aux lapins, qui en Angleterre ont de
quatre à six portées par an, de trois à quatre petits, qu’en Australie ils
eurent jusqu’à dix portées par an, de huit à dix petits chacune.
Vainement on tenta d’enclore les terrains de treillis, ils creusaient pardessous et gagnaient le large, au, grand désespoir des propriétaires qui redoublaient d'efforts et de soin pour en accroître le nombre. Ils ont si bien réussi que, aujourd’hui, cette peste désole la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Les jardins maraîchers sont dévastés ; les terrains qui produisaient, il y a quelques années, 150 boisseaux d’orge et de 75 à 80 de blé, à lhectare, durent être abandonnés, toute culture, dans certains districts, étant devenue impossible. 5
M. Crawford cite l'exemple d’un grand propriétaire qui, après avoir dépensé 40.000 livres sterling (1 million de francs) pour se débarrasser de ce fléau d’un nouveau genre, fut obligé d’y renoncer. Sur certaines fermes, on évalue leur nombre à des centaines de mille, et, chaque année, leur taille augmente avec leur nombre. D’une voracité extraordinaire, ils mangent l'herbe jusqu’à la racine et convertissent d'immenses pâturages, qui nourrissaient 25 à 30 moutons à l’hectare, en terrains dénudés et poussiéreux. Les vignobles ont été ruinés et, jusqu'ici, les moyens employés pour détruire ces
1. Annales de l'Institut Pasteur, Il, 1888, p. 1-8, et Paris, 1888, imprimerie de Gauthier- Villars, brochure de 8 pages in-40.
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animaux n’ont abouti à aucun résultat appréciable. On les chasse, on les tue,
on les empoisonne, et ils fourmillent.
M. Williamson dépose que, dans une excursion qu'il fit avec un Délégué du | eu ils reconnurent que dans tout le district l'herbe avait FE disparu. Des bandes d'énormes lapins parcouraient le pays, s’écartant à | peine pour faire place à leur voiture.
- Le sol, raviné de terriers, ne permettait d'avancer qu'avec précaution.
« Partout des lapins, ditl, sur la route et dans la plaine ; ils gambadent en troupe, se poursuivent ls les sables; on les voit assis par centaines à 1 entrée de leurs terriers... Traqués sur un point, ils se réfugient sur un e, et ils se multiplient avec une rapidité telle qu'un cataclysme de la re pourra seul en avoir raison. »
La publication suivante vint donner récemment une confirmation aux récits qui précèdent.
Le 9 novembre et le 2 décembre 1887, le journal Le Temps, de , publiait l’avis officiel suivant, émané du Gouvernement de la
elle-Galles du Sud.
Direction des Mines. Sydney, le 31 août 1887.
nu dise la pe pour éxterminer d'une manière efficace les hors dé assujetti aux conditions suivantes :
Que cette méthode ou ce procédé recevra, après un essai d’une année, rob. ation d’une SAR nommée à cet eue par le Gouvernement,
uir. > La nmionion sera tenue de ne pas divulguer les détails de ces ho des ou de ces procédés, à moins que cette Commission ne décide
Door que “le Fe occasionnent également dans cette île. . Le 27 novembre 1887, j'écrivis au journal Le Temps la lettre suiinte, qui fut insérée le 29 novembre :
Paris, 27 novembre.
À Monsieur le Directeur du Tewrs.
Votre journal annonçait, il y a peu de jours, que le Gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud était tellement impuissant à lutter contre un fléau. d’un genre particulier — la pullulation des lapins — qu’il proposait un prix de 625.000 francs pour la découverte d’un procédé destiné à leur extermina= tion. Des portions considérables de la Nouvelle-Zélande, non moins ravagées que l’Australie, sont abandonnées par les fermiers, qui renoncent à l'élevage … des moutons par l'impossibilité de les nourrir. Chaque hiver on tue les lapins par millions, sans que ce carnage paraïisse en diminuer le nombre. Voulez=
vous me permettre de faire parvenir dans ces lointains pays, par l'organe du
Temps, certaines idées dont l’application, pourrait peut-être avoir quelque As succès ? FN On a employé jusqu’à présent, pour la destruction de ce fléau, des sub-= stances minérales, notamment des combinaisons phosphorées. En s’adressant à de tels moyens, n’a-t-on pas fait fausse route ? Pour détruire des êtres qui se propagent selon les lois d’une progression de vie effrayante, que peuvent de tels poisons minéraux? Ceux-ci tuent sur place là où on les
dépose ; mais, en vérité, pour atteindre des êtres vivants, ne faut-il pas «
plutôt, si jose le dire, un poison comme eux doué de vie, et, comme eux; pouvant se multiplier avec une surprenante fécondité ?
Je voudrais donc que l’on cherchât à porter la mort dans les terriers de la Nouvelle-Galles du Sud et de la Nouvelle-Zélande, en essayant de communiquer aux lapins une maladie pouvant devenir épidémique.
Il en existe une que l’on désigne sous le nom de choléra des poules et qui a fait l’objet d’études très suivies dans mon laboratoire. Cette maladie est également propre aux lapins. Or, parmi les expériences que j'avais instituées, se trouve celle-ci : je rassemblais dans un espace limité un certain nombre de poules, et, en leur donnant une nourriture souillée par le microbe qui est la cause du choléra des poules, elles ne tardaient pas à périr. Les basses-cours sont quelquefois ravagées par de véritables épidémies de ce mal, dont la propagation est due, sans nul doute, aux déjections des premières poules malades qui souillent le sol et les aliments.
J'imagine que la même chose arriverait pour les lapins, et que, rentrant dans leurs terriers pour y mourir, ils communiqueraient la maladie à d’autres, qui pourraient la propager à leur tour. Mais comment faire pour que les premiers lapins ingèrent dans leur corps le mal destructeur ? Rien n’est plus facile. ’
Autour d’un terrier, je placerais une barrière volante entourant un certain espace où les lapins viendraient chercher leur nourriture. Des expériences nous ont appris qu’il est facile de cultiver, en état de pureté parfaite et sur une échelle aussi grande qu’on peut le désirer, le microbe du choléra des poules, dans des bouillons de viandes quelconques. De ces liquides pleins de microbes on arroserait la nourriture des lapins qui, bientôt, iraient périr ici. et là et répandre le mal partout.
J'ajoute que le parasite de la maladie dont je viens de parler est inoffensif jour les animaux des fermes, excepté, bien entendu, pour les poules; mais ès-ci n'ont pas besoin de vivre en pleine campagne. ne doute pas qu'il n’y ait, dans les pays infestés, des personnes toutes s à appliquer le moyen que je propose, moyen très simple, qui, en tous vaut la peine d’être tenté.
Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considérala plus distinguée.
Signé : Pasteur.
sitôt après l'envoi de cette lettre, j’eus la curiosité de faire des aces directes sur les lapins. Je me rappelais que le choléra des se communique facilement aux Dr ; Mais je n'avais pas fait > suivie sur ces rongeurs ; souvent j'avais vu mourir des lapins ient été placés dans des cages non désinfectées où des poules nt succombé du choléra. C’est une question de savoir, question e affirmativement par plusieurs, si le choléra des poules n’est
aine.
as bientôt assuré de la facilité avec laquelle le moindre repas ux lapins, après avoir souillé la nourriture par une culture du du choléra des poules, entraîne rapidement la mort de ces | i quelques-unes des expériences que j'ai fait faire à M. Loir, en médecine attaché à mon laboratoire.
7 novembre, on place dans une caisse cinq lapins; ils y restent 6 heures du soir sans prendre de nourriture ; à 6 heures, on une petite cuvette 100 centimètres cubes d’une culture virucholéra des poules, où l’on trempe les feuilles d’un chou. On utter ces feuilles, puis on les donne à manger aux cinq , après quelques minutes, ont achevé leur repas. On place , à minuit, trois lapins neufs non contaminés. 8 novembre, à 8 heures du matin, les cinq lapins contagionnés nt malades. À 11 heures, deux sont morts, c’est-à-dire dixheures après le début du repas. Les trois autres meurent à
s de l'après-midi, vingt heures après leur repas. : 28 novembre, à 7 heures du soir, on trouve mort un des lapins veille, à minuit, avec ceux qui ont mangé le repas infectieux. x autres lapins ne sont pas devenus malades.
samedi 3 décembre, à 5 heures du soir, on donne à manger à lapins des feuilles de choux sur lesquelles ont été répandus imètres cubes de culture virulente de choléra des poules,
étendus de 100 centimètres cubes d’eau stérilisée. À minuit, tout le repas a disparu depuis plusieurs heures; on place avec eux quatre lapins neufs.
Le 4 décembre, à 8 heures du matin, deux lapins semblent tristes. A 11 heures, il y a un mort ; à 2 heures, deux autres morts; à 4 heures meurt le dernier de ceux qui ont mangé.
On laisse les cadavres avec les lapins neufs mis la veille, à minuit, dans la caisse.
Le 5 décembre, on trouve un de ces lapins mort; le 6 décembre, un autre ; le 7, un troisième ; enfin le quatrième meurt le 9 décembre.
Les lapins précédents étaient des lapins domestiques.
Le 17 décembre, on donne à un lapin de garenne 10 centimètres .
cubes de culture de choléra des poules, également sur une feuille de chou.
Le 18 décembre, il meurt.
Dans tous les cas précédents, on a vérifié que la mort était bien due au microbe du choléra des poules.
Le 3 décembre et jours d’après, on fait des expériences sur les
animaux suivants : pores, chiens, chèvres, moutons, rats, chevaux, ânes, toujours par contamination des repas. Aucun de ces animaux n’a été malade. | Il y a plus : l’action sur les lapins est si rapide, il est si peu besoin de multiplier les repas que je suis persuadé, en me reportant à mes anciennes expériences sur les poules, que celles-ci même ne mourraient
pas si on les laissait sur le sol que les repas des lapins auraient pu
souiller en partie; elles ont, pour la maladie, beaucoup moins de réceptivité que les lapins.
Au contact de l’air, le [microbe du] choléra des poules meurt assez promptement. Il perd sa virulence à 51° C., température quelquefois atteinte, dit-on, en Australie pendant l'été, maïs il ne serait jamais nécessaire de s’occuper des lapins, au milieu du jour, en pleine chaleur.
La conservation du microbe du choléra des poules est facile, au contraire, à l’abri de l'air et pendant plusieurs années : on pourra donc toujours se procurer de la semence très virulente. Mes expériences d’autrefois communiquées à l’Académie des sciences en sont la preuve.
Les cultures du choléra des poules peuvent être faites dans les bouillons les plus divers d'animaux quelconques. Un des plus économiques serait sans doute celui qu’on pourra préparer avec la chair des lapins.
Il résulte des expériences qui précèdent que, non seulement les
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lapins qui ont ingéré une nourriture souillée par le microbe meurent rès rapidement, en moins de vingt-quatre heures, mais que les lapins iés à ces derniers, qui n’ont point eu d’aliments contaminés, irent également en grand nombre.
Je réserve la question du mode de contagion. C’est un point que minerai plus tard.
Est-il vrai que les lapins d’un terrier ne se mêlent pas à ceux des rs s VOISINS ?
| peut envisager, sans appréhension pour la réussite du procédé, : où les lapins d’un terrier ne frayeraient pas avec ceux des voisins et n’y porteraient pas la contagion après qu’ils auraient contaminés.
maladie se communique si facilement par les repas que, alors que la contagion n’existerait pas des lapins infectés aux autres” infectés, la destruction de ces animaux n’en serait pas moins
Je parle, dans ma lettre au journal Le Temps, de barrières volantes cées autour des terriers. Cette complication serait inutile.
e me représente l'épreuve en grand de la manière suivante : d’un ou plusieurs terriers, je ferais faucher une certaine quand'herbe qui serait ramenée ensuite avec des râteaux à la portée des avant leur sortie du soir. Cette herbe, souillée de la culture du
1 : dont je vais parier l ‘était bien désirable qu’une expérience pût avoir lieu sur une
| veuve Pommery, de Reims, propriétaire de la grande maison s de Champagne qui porte son nom, m’adressa la lettre suivante, avoir lu ma Note insérée dans le journal Le Temps :
7 A Reims, le 38 décembre 1887.
= Monsieur,
possède à Reims, au-dessus de mes caves, un clos de 8 hectares, totant entouré de murs. J’ai eu la fâcheuse idée d'y mettre des lapins pour urer une chasse, en ville, à mes petits-enfants.
: bêtes ont tellement pullulé et minent le sol à un tel point que je désire
les détruire. Les furets sont impuissants à les faire sortir de tas énormes de craie où ils se réfugient.
S'il pouvait vous être agréable d’expérimenter le procédé que vous préconisez pour la destruction de ces animaux en Australie, j'offre de vous en faciliter le moyen.
Recevez, etc.
Signé : V'° Pommery.
Bientôt après, j'appris de mon intelligente correspondante que, dans la crainte de voir les lapins de son clos, poussés par la faim, prolonger outre mesure leurs galeries souterraines et compromettre la solidité des voûtes des caves, on avait eu depuis longtemps l’idée de
les retenir dans leurs terriers, non loin de la surface du sol, en leur
servant, chaque jour, un repas de luzerne ou de foin distribué autour des terriers. On comprend dès lors aisément combien il était facile de tenter la destruction des lapins du clos de Me Pommery. Le vendredi, 23 décembre, j’envoyai à Reims M. Loir arroser le repas du jour d’une culture récente du microbe du choléra des poules. . Comme à l’ordinaire, la nourriture fut consommée dans l’intervalle de quelques minutes. Le résultat en fut, pour ainsi dire, surprenant. M°° Pommery m'écrivit, le 26 décembre :
Samedi matin (par conséquent dès le lendemain du repas mortel), on compta dix-neuf morts en dehors des terriers. Le dimanche, le clos ne fut pas visité.
Le lundi matin, on compta encore treize morts et depuis samedi on n° a pas vu un seul lapin vivant courir sur le sol. En outre, comme il était tombé un
peu de neige pendant la nuit, on ne vit nulle trace de pattes de lapins autour des tas de craie,
En général, les lapins meurent dans leurs terriers. Les trente-deux
cadavres trouvés sur le sol du clos devaient donc représenter une très faible minorité parmi les morts, ainsi qu’on le verra tout à l'heure. Dans une autre lettre du mardi 27, M"° Pommery m'écrit :
La luzerne (luzerne déposée autour des terriers le lundi soir) n'a pas été touchée et de nouveau on n’a vu nulle trace de pattes imprimées sur la neige. Tout est mort.
Et M°° Pommery, faisant allusion à des journaux anglais qui avaient
beaucoup critiqué le procédé que j'avais proposé, journaux qu’elle avait eu l’obligeance de m’adresser, ajoute :
Que deviennent les attaques anglaises en présence d’un tel résultat?
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MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES 93 elos de 8 hectares fourmillant de lapins, devenu un champ de mort,
M. Pasteur empoisonne un repas ordinaire de ces lapins, et les jours ants rien ne remue ; tout est fini, tout est mort.
leurs terriers ».
n eaux de craie, demeure habituelle des lapins, on voit des tas s de deux, trois, quatre et cinq lapins.
les huit grosses bottes de foin qu’on distribuait chaque jour