‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 6 sur 180 · LETTRE A NAPOLÉON II · texte numérisé non relu

LETTRE A NAPOLÉON II

Paris, le 5 septembre 1867 Sire,

Mes recherches sur les fermentations et sur le rôle des organismes microscopiques ont ouvert à la chimie physiologique des voies nouvelles dont les industries agricoles et les études médicales commencent à recueillir les fruits. Mais le champ qui reste à parcourir est immense. Mon plus grand désir serait de l’explorer avec une nouvelle ardeur, sans être à la merci de l'insuffisance des moyens matériels.

Qu'il s'agisse de rechercher par une étude scientifique patiente de la putréfaction, quelques principes capables de nous guider dans la découverte des causes des maladies putrides ou contagieuses, je voudrais trouver dans les dépendances d’un laboratoire assez spacieux un emplacement où l'installation des expériences pût avoir lieu commodément et sans danger pour la santé. Comment se livrer à des recherches sur la gangrène, sur les virus, à des expériences d’inoculation, sans un local propre à recevoir des animaux morts ou vivants? La viande de boucherie est à un prix exorbitant en Europe. Elle est un embarras à Buenos-Ayres. Comment soumettre à des épreuves

variées, dans un laboratoire exigu et sans ressources, les procédés

qui, peut-être, rendraient sa conservation et son transport faciles? La de dite sang de rate, fait perdre annuellement à la Beauce 4 millions de francs : il serait indispensable d'aller, pendant plusieurs années sans doute, à l’époque des grandes chaleurs, passer quelques semaines dans les environs de la ville de Chartres pour s’y livrer à de minutieuses observations.

1. Une copie de cette lettre a été trouvée dans les papiers de Pasteur avec cette note :

« Copie de la lettre que j'ai adressée à l'Empereur. Elle a été remise à S. M. le 6 septembre

par le Général Favé. L'Empereur a approuvé mon projet et prié le Ministre, le samedi 7 septembre, d'y donner suite. »

Étant donné l'importance de la lettre, nous avons jugé à propos de la reproduire dans ce volume. (Note de l'Édition.)

et la nécessité de maintenir la supériorité scientifique de la vis-à-vis des efforts des nations rivales.

mie animale, j’essayerai de devenir le disciple de notre ent logiste, Claude Bernard, que la maladie arrête maintenant au de ses triomphes. En chimie végétale, je poursuivrai la voie > par mes travaux personnels. |

espérer, Sire, que Votre Majesté daignera approuver mon

lications.

is, avec le plus profond respect, Sire, de votre Su se le très mes obéissant et très fidèle serviteur

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