NOTE AU SUJET DES ANNALES SCIENTIFIQUES À DE L'ÉCOLE NORMALE
1864, j'ai fondé un recueil périodique intitulé : Annales scienti- ; l'École Normale supérieure. Publié sous les auspices du
tes rendus de l'Académie des sciences, séance du 20 juin 1864, LVIII, p. 1129-1190. inédite, adressée au Ministre de l'Instruction publique (Note de l'Édition).
Ministre de l’Instruction publique, avec la collaboration de MM. les maîtres de conférences de l'École, ce recueil est arrivé à la fin de sa septième année d’existence et compte sept volumes in-4° de 300 pages chacun en moyenne. Il ne contient que des mémoires originaux sur les sujets les plus élevés des sciences mathématiques, physiques et chimiques. Sa place est marquée dans les principales bibliothèques de l'étranger. La Société royale de Londres, entre autres, a offert spontanément l’échange de ses publications avec nos Annales, et le Journal. des Savants leur a consacré, en 1868, un article bibliographique étendu:
Le but que je me suis proposé en demandant la création de ce recueil est indiqué dans le court avertissement (!) placé en tête du premier numéro du premier volume, lequel est joint à cette Note. « Puissent ces Annales, disais-je en terminant cet avertissement, devenir un honneur et une force pour un établissement dont la prospérité est inséparable de celle de l’Instruction publique dans notre pays ! » Ce vœu me paraît avoir été réalisé.
J'aurais une grande satisfaction de continuer à donner mes soins à cette œuvre utile en m’efforçant même de la développer, ou du moins de l'améliorer progressivement. Malheureusement, l’état de ma santé ne me permet plus d'apporter, dans la direction de ce recueil, la wigilance qu’elle exige si l’on veut que tous les travaux qui y paraissent soient dignes de la science française. Je viens donc prier Son Excellence M. le Ministre de l’Instruction publique de me remplacer dans la direction de ces Annales. Toutefois, dans mon désir de voir continuer cette publication, je me suis assuré par avance le concours possible de quelques-uns de nos savants les plus distingués, parmi ceux que l'École Normale a formés. Je pense que M. le Ministre pourrait s'adresser avec confiance au bon vouloir de MM. Puiseux pour les
sciences astronomiques ; Briot et Bouquet pour les sciences mathé-
matiques ; Bourget pour la physique mathématique ; Bertin et Wolff pour la physique expérimentale et, à leur défaut, Gernez et Mascart; H. Deville, Debray et Troost pour la Chimie; Van Tieghem et Raulin pour la physiologie végétale.
L'éditeur de son côté, M. Gauthier-Villars, est tout prêt à continuer cette publication à la condition que les souscriptions du ministère lui soient conservées ainsi que l’appui moral de l'administration. Pour moi, je désirerais même que le nombre de 30 exemplaires souserits par le ministère fût porté à 50, mais qu’en retour l’éditeur fût tenu de faciliter plus qu'il ne l’a fait peut-être jusqu'ici les relations entre