ACTE III, SCÈNE II
J'aime les prés, les bais, surtout la solilude.
Là, sans ambition et sans inquiétude,
Dans un parfait repos, dans un calme enchanteur,
Loin d'un monde importun, et Beul avec mon cœnr,
Je sens que, si j'avais une aimable compagne.
Je passerais ma TÎe au sein de la campagne.
IIADRHOISBLLR d'osFEDIL.
M. DE FLORVILLI!.
Oui ; mais expliquons-nous :
J'entends une retraite isolée et profonde. Et non celle oA toujours le voismage abonde.
MADEMOISELLE d'oRPEUIL. ^■
Ce n'est pas celle-là que je veux dire aussi. Monsieur ; et nous voyons très peu de monde ici.
M. DE PLOHVILLE.
Oui, qui nous ont surpris fort agréablement, Mais que mon père et moi n'attendions nuUemenl.
M. DE FLOIVILLE.
Pas même la première ? Eh quoi ! mademoiselle, Ce monsieur, qui d'abord m a montré tant de zèle. N'est donc qu'un voyageur égai'éï
MADEBOISF.LLE B'oBPEUIL.
Je le vois.
Ainsi que vous, monsieur, pour la première fois.
H. DE FLOHVILLE.
Ce jeune homme... paraît on ne peut plus aimable. Mademoiselle.
MADEMOISELLE d'ORFEUIL.
Il est d'une bumeur agréable ; Et le premier coup d'oeil, en effet, est pour lui.
Mais c'est déjà beaucoup, et surtout aujourd'hui...
UADEHOtSELLR d'OBFEUIL.
Nous partions des plaisirs qu'à la campagne on goûte. Vous les peignez si bien ! et moi, je vous écoute En personne qui sent tout ce que vous peignez. Ces innocents plaisirs, ailleurs trop dédaignés, Je les savoure ici ; j'y vis très solitaire. Une autre trouverait cette retraite austère : Eh bien, ma solilude a pour moi des appas.
LRS CHATEAUX EN ESPAGNE
FLOHVILLE.
Ah I je le crois. D'ailleurs, cela ne surprend pas. Vous vivez près d'un père et respectaole et tendre : Vous faites son bonheur.
HADEII01SRI.LE d'oRPEUIL.
Je tâche de lui rendre )oi dès mes plus jeunes ans ; ', par mes soins complaisants, Écarter loin de lui les ennuis, la tristesse. Qui suivent, et souvent précèdent la vieillesse 1 11 aime la musique : eh bien, chamie dessert, Monsieur, soir et matin, est suivi d'un concert.
Fort hien. -
Je suis, de plus, sa lectrice ordinaire. Ha manière de lire a le don de lui [ilaire. Doux emploi I tous nos soirs sont bien vite écoulés.
H. SE FLOBVILLE.
(Très T
Ahljev
Vous vous reposeriez. . .
HADBUOISELLR D'ORFBDIL.
Je vous suis obligée.
- Quand mon père sourit, je me sens soulagée.
H. DB FLORVILLE
Mademoiselle, eh bien, je le dirai tout bas,
Uar une autre en rirait ; mais vous n'en rirez pas :
J'ai passé quatre hivers auprès de mon aïeule ;
Jamais, jamais un soir je ne la laissai seule.
Je Taisais sa partie, ensuite je lisais ;
Jel'écoulais surtout; enfin, je l'amusais;
Et moi, j'étais heureux en la voyant heureuse.
MADEHOiaitLLK d'ûHFBUIL.
Que vous me rappelez un touchant souvenir! Une mère l'pardon, je ne puis retenir Mes pleurs...
M. DE FLORVILLE
Les retenir 1 Pourquoi, mademoiselle ?
Ah I gardez-vous-en bien : la cause en est trop belle ; Et croyez qu'avec vous plutât je pleurerais : Qui connut vos plaisirs doit sentir vos regrets. J'éprouve, en ce moment, un charme inexprimable : Non, je n'ai jamais eu d'entretien plus aimable. Hélas ! pourquoi faul-it que des moments si doux