‹ ŒuvresChapitre 233 sur 429 · CHARLE, GEORGE · texte numérisé non relu

CHARLE, GEORGE

GEORGE

Ah 1 l'on peut donc enfin vous saisir un moment, Monsieur Armand.

me nommes Armand, Pardon, je vous supplie.

36i LF, YIEVK Cbl-IBATAIHE.

Charle est mon nom.

GEORGE

Eh oui 1 je le àais, mais j'oulilie.

Je m'en reasouviendtai ; ne soyez plus fâché. Pendant quo tout le monde est encore couché. Causons : dites-moi donc bien vite où vous en êtes, Ce que vous devenez, les progrès que vous faites : Votre sort en dépend ; j'y suis intéressé.

CBAHLE.

Eh mais Ije ne suis pas encortrës avancé.

Il faut qu'avec prudence ici Je me conduise...

Puis, j attends qu'en ces lieux ma femme s'introduise.

Pour agir de concert.

Oui, vous avez raison ; Hais vous voilà du moins entré dans la maison.

CDABLE.

Ah I comment ! à ^uel titre 1 et combien il m'en coule 1

Moi ! domestique ici I

C'est un mulheur sans doute :

Mais, pour servir son oncle, est-on déshonoré? Je le répète encore, c'est beaucoup d'être entré : Et j'eus, lorsque j'y songe, une idée excellente ; Ce fut de vous ofirir à notre gouvernante, Comme un parent.

Jamais pourrai-je m'acquitter... ?

Allons 1... ce que j'en dis n'est point pour me vanter: Je ne me prévaux point, mais je vous félicite. C'est moi qui bien plutôt ne serai jamais quitte. Voire bon père, hélas ! dont j'étais serviteur, A pendant dix-buit ans été mon bienfaiteur. Oui, cher Armand... pardon... mais je vous ai vu nallre ; J'ai vu mourir aussi ma maîtresse et mon maître : Jugez ai George doit aimer, servir leur fils !

CHAHLE.

Pourquoi le ciel sitôt me les a-t-il ravis ? Ah 1 pour m'étre engagé par pure étourderie.. .

GEOHGS.

Eh, monsieur, laissez là le passé, je vous prie : Oui, voyB2 le présent, et surtout l'avenir. N'est-il pas fort heureux, il faut en convenir,

Que je sois le filleul de monsieur Dubriage ; Qu'après deux ou trois mois tout au plus de veuvage, La gouvernante m'ait, j'ignore encor pourquoi, Fait venir tout exprès pour être portier, moi, De aorte que je pusse ici vous être utile ; Et que depuis trois mois, venu dans cette ville. Voua meraïez fait dire, au lieu de vous montrer : Que j'aie imaginé, moi, de voua faire enlrer. Et que madame Evrard, si subtile et si fine, Vous ail reçu d'abord survolre bonne mine !

11 est vrai...

C'est votre air de décence, et surtout De jeunesse... que sais-je ? Oui, la dame a du Rottl.

CHARLE

Souvent, et j'apprécie une faveur pareille. On dirait qu elle veut me parler h l'oreille.

GKORGE.

Ne voudrait-elle pas vous fdire par hasard

Un tendre aveu ?... Mais non, j'ai tort ; madame Evrard !

Elle est d'une sagesse, oh I mais, à toute épreuve.

Cet Ambroise, entre nous, qui, depuis qu elle est veuve,

Remplace te défunt dans l'emploi d'intendant.

L'aime fort, et voudrait l'épouser : cependant

Avec lui, je le vois, elle est d'une réserve... !

CHABLR.

Je l'observe en effet.

Rien n'est moins surprenant ; Avec mon oncle même il est impertinent ; Puis il craint, entre nous, que je ne le supplante.

Écoules donc, monsieur 1 sa place est excellente ;

Et vraiment mon parrain vous aime tout k fait, Sans vous connaître encor.

Je le crois en effet, George, et c'est un grand point : oui, ce seul avantage He flatte beaucoup plus que tout son héritage. Pourvu que je lui plaise, il m'importe fort peu Que ce soit le valet, que ce soit le neveu :

me LE VIEUX CÉLIBATAIRE.

Si je ne touche un oncle, au moins j'égaie un maître.

QEORGB.

A de tels BentimentB j'aime àvous reconnaître.

CBAHLE.

Au Tait, depuis trois mois que j'habile en ces lieux. D'abord, sous un faux nom j'ai trouvé gr&ce aux jeux D'un oncle qui me hait sous mon nom véritable. Ajoute que ] ai su rendre douce et traitable Madame Evrard, qui, grâce à mon déguisement. Semble sourire à Charle, en détestant Armand. VoilÀ trois mois fort bien employés.

Oui, courage.

Madame votre épouse achèvera l'ouvrage.

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