‹ ŒuvresChapitre 237 sur 429 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MADAME ÉVBARD, CHARLE.

George est un bon entant :

Mais sur de telles gens quel fond pourrait-on faire? Pour Ambrojse, ea marche à la mienne est contraire ; Et c'est le dernier homme à qui je me flrais... Si j'intéressais Charle k mes desseins secrets? Il me plaît; monsieur l'aime; il a de la prudence, De l'esprit : mettons-le dans noire confidence...

Comment tous trouvez- vous ici î

CHARLE

Fort bien, ma foi.

Et je serais tenté de me croire chez moi.

Allez, soyez toujours honnête et raisonnable : Cette maison pour vous sera très agréable. Monsieur semnle déjà vous voir d'assez bon œil.

CHABLR.

C'est à vous que je dois ce favorable accueil.

Je possède, il est vrai, toute sa confiance.

C'est le fruit du talent et de l'expérience, Madame.

MADAME ÉVKAHD.

Ce fruit-l&, je l'ai bien acheté :

Hélas I si vous saviez ce qu'U m'en a coûté. Depuis dix ans entiers que j'habite ici!,,.

Charie, II faut à cœur ouvert enfin que je tous parle ; Car voua m'intéressez : vous âtes doux, prudent. Discret ; et comme on a besoin d'un confident Qui TOUS ouvre son cœur, et lise au fond du vôtre. Et que vous n'êtes point un laquais comme un autre...

Non, j'espère qu'un jour vous le reconnaîtrez.

Ecoutez donc, mon cher; et bientôt vous verrez

■ Cookie

Tout ce qu'il m'a fallu de courage et d'adresse Pour âtre en ce logis souveraine maltresse. Nous avons fait tous deux jouer plus de ressorts, HOD pauvre Evrard et moi... I (car il vivait alors ; Depuis bientôt deux ans, cher monsieur, je suis veuve.

(E»iiT>nl Ks yeui.)

Et c'est avoir passé par une rude épreuve!...) Nous avons de concert banni tous les voisins. Les amis, les parents, jusqu'aux derniers cousins.

CHAHLE,

A la fin, vous voici maltresse de la place. Reste encore un neveu, mais un neveu tenace... Monsieur, comme je vois, n'a point d'enfants?

UADAUR ÉVBAAD.

Aucun.

Il a donc des neveux, madame?

Il n'eu a qu'un; Mais ce neveu tout seul me donne plus de peine...! C'est que je vois de loin où tout ceci nous mène. S'il rentre, c'est à moi de sortir.

Aussi, pour l'écarter. Dieu sait ce que j'ai fait ! Mon intrigue et mes soins remonleul j^usqu'au père. Monsieur n'eut qu'un beau-frère : il l'aimait!...

CBARLE.

Comme un frère.

Les brouiller tout à fait eût été trop hardi ; Mais pour le ttère au moins je l'ai bien refroidi.

CBARLE.

J'entends.

HADAHE EVRARD.

Contre un absent on a tant d'avantage ! Le sort à celui-ci ravit son héritage . Je traitai ses revers d'inconduite : on me crut.

CBARLË.

Ah I fort bien.

MADAME EVRARD

Jeune encor, grâce au ciel, il mourut

273 LE VIEUX CÉLIBATAIRE

Hélas I.

MADAME ËVKARIJ.

Qu'avPiïOua?

Rien.

Laissant un fils unique, Ce neveu que je crains.

Oui, peut-être aujourd'hui :

Mais l'oncle alors sans moi l'eût rapproché de lui. « Son entretien sera moins coûteux en province, Lui ^s-je; chargei-m'en. « L'entretien fut très mince, Comme vous pouvez croire. Il se découragea ; 11 jeta les hauts cris ; enfin il s'engagea. C'est où je l'attendais. Je sus avec finesse Exagérer ce tort, ce vrai tour de jeunesse : Et monsieur l'excusait encore.

CBAHLE.

11 est si boni

Mon jeune homme écrivit pour demander pardon : Je supprimai la lettre, et vingt autres messages. . . J'en ai mon coffre plein.

CHARLE

Précautions Tort sages !

MADAME EVRARD

J'en ai lu deux ou trois ; mais exprès, entre nous, Avec un commentaire,

Oh! je m'en fie à vous 1

MADAME EVRARD

11 se perdit lui-même.

CHARLE

Et comment, je voua prie?

Il n'avait point écrit?

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