ACTE III, SCÈNE XII
CRISPIN
Vous faisiez cependant une belle peinlure Des touchantes beautés de la simple nature I
FLORIMOND
Qui ? moi ?
caispiN.
Je m'en souviens. De plus, contre Paris Dieu sait comme, tantôt, vous jetiez les hauts cris I Si vous fuyez la ville, et craignez la campagne, 0£f faut-il donc, monsieur, que je vous accompagne V
Je ne demande pas ton sentiment, bavurd.
Mais il faut bien pourtant demeurer quelque part.
FLORIUOND.
Que t'importe ?
CBISPIN.
Du moins nous soupons ?
FLOHIMOND.
Paix 1 Je pense...
Il me vient un projet d'une grande importance, Et qui me ril.
Superbe état pour vous, mon cher maître !
Quel plaisir, quel délice en voyageant l'on goûte !
Toujours nouveaux objets s'offrent sur votre route.
Chaque pas vous présente un spectacle inconnu.
On ne revoit jamais ce qu'on a déjà vu.
Une plaine aujourd'hui, demain une montagne ;
Le matin c'est la ville, et le soir la campagne.
Ajoute qu'on ne peut s'ennuyer nulle part :
Un lieu vous plaît, on reste ; il vous déplaît, on part.
Et l'amour !
Plus d'amour, plus de brûlantes flammes.
CBISPIN. [mes?
Quoi! tout de bon, monsieur, vous renonceï aux fem-
L INCOMSTANT.
Dis que j'y renonçais quand mon cœur enchaDlé
Adorait conslamment une seule beauté ;
Quand mes yeuK, éblouis ^ar un charme funeste.
Fixés sur une seule, oubliaient tout le reste :
Car je faisais alors injure au sexe entier.
Hais cette erreur, enfin, je prétends l'expier.
Je le déclare donc, je restitue aux belles
Un cœur qui trop lou^temps fut aveugle pour elles,
Entre elles dësormaiBje vais le partager.
Le donner, le reprendre, et jamais l'engager.
J'offensais cenl beautés, quand je n'en aimais qu'une :
J'en veux adorer mille, et n'en aimer aucune...
Quel jour est-ce ï
Bon. Jour de bal ; j'y cours. C'est là le rendet-vous des jeux et des amours : C'est là que je vais voir, parés de tous leurs charmes, Tant d'objets enchanteurs, de beautés sous les armes. Je ne pouvais choisir plus belle occasion Pour faire au sexe entier ma réparation.