SCÈNE IV
MADAME DE ROSELLE, H. DE PLlNVlLLË.
M, DE PLINVILLE iHiuit dfi jeui.
Heureux Age l A seize ans on n'a point de souci ; Tout platL
MADAME DE S03ELLG.
Mais ma cousine est pourtant jeune aussi ; D'où vient donc le cbagrin qui chaque jour la mine 7
H. DE PLINVILLE.
Quoi I le chagrin, dis-tu ? Serait-elle chagrine ?
MADAME DE nOSELLE.
Vous ne remarquez pas ?
Pourtanl, on voit bien Qu'elle rêve...
En effet ; mais bon I cela n'est rien.
Elle a quelque regret de nous quitter, sans doute ; El puis, elle est modeste: on sait ce qu'il en coûte... Hais dés que Morinval aura reçu sa main. Tu verras : je voudrais que ce fût dès demain.
UADAHE DE HOSELLE.
A propos, cet hymen, il faudra le remettre.
M. DE FLtHVILLB.
Et pourquoi?
MADAME DE HOSELLE.
De ma sœur je reçois une lettre; A la noce, dii-elle, elle veut se trouver, Et dans huit jours, peut-être, elle doit arriver.
H, DE PLINVILLE.
Pourquoi donc avec toi n'est-eUe pas venue ?
Elle hésitait toujours : sa lenteur est connue. Moi, je l'ai devancée.
Ce délai N'est rien; qu'est-ce, après tout, que huit jours ï
Trop heureux de revoir madame de Mirbelle I Nous allons tous les deux disputer de plus belle. Je la connais ; aussi je vais me préparer.
MADAME DE ROSELLE, i pirt.
Cela nous donnera le temps de respirer.
Comment donc ! ma tante est déjà prêle ?
H. DE PLINVILLE.
nme est toujours exacte aux rendez-vous.
ACTB I, SCÈNE V, 6Ï
KADAUE DE PLINVILLE.
Ah I ah I monsieur, c'est voua ?
Bonjour, ma nièce. Non, je crois que de U vie, Maîtresse de maison ne ial plus mal servie : En voilà déjà trois qu'il m'a fallu gronder.
M. DE FLINVILLE.
Ha Temme est vigilante ; elle sait commander.
MADAME DE PLINVILLE.
J'en ai besoin, monsieur ; car vous n'y songez guère.
u. DE PLINVILLE.
Puisque vous faites tout, je n'ai plus rien k faire.
UADAHE DE PLIKVILLE.
11 faut bien faire tout, si vous ne faites rien.
H. DE PLINVILLB.
Bonne réplique ! Allons, point de souci.
HADAHR DE PLINVILLE.
Fort bien !
Et vous croyez, monsieur, qu'avec ce beau système Les choses vont ici se faire d'elles-méme?
M. DE PLINVILLE.
Il me semble pourtant qu'elles ne vont pas mal. Nous rirons ce malin. Dieu sait ! Si Mormval Et ma flÛe venaient, on se mettrait en route.
MADAUE DE PLINVILLE.
On ne s'y mettra point.
M. DE PLINVILLE.
On ne part pas ?
MADAME DE PLINVILLE.
Sans doute.
La partie est remise.
Est remise !... Comment ?„.
Vous riez?
MADAME DE PLINVILLB.
Oui ; je suis en belle humeur, vraiment ! Hais encor, dites-moi quelle raison soudaine... ?
MADAHE DE PLINVILLE.
Cette raison, monsieur, c'est que j'ai la migraine. Cette migraine-là vient bien mal à propos.
MADAME DE PLINVILLE à H. de PliniiJIt.
Aussi, dès le malin il trouble mon repos : H fait un bruit.,.!