SCÈNE X
H. DE PLIKVILLE, .eul.
Picard est un peu brusque, il faut que j'en convienne. Chacun a son tiumeur, après tout : c'est la sienne. Je dois quelques égards a ce vieux serviteur; Il m'est fort attaché, malgré son air grondeur. Ce bon Picard est las de servir, à l'entendre; Et cependant au mot si je voulais le prendre, Je l'attraperais bien : car, j'ai cela de bon. Je suis aiuié, chéri de toute ma maison.
Quand j'j songe, je suis bien heureux I je suis homme.
Européen, Français, Tourangeau, gentilhomme :
Je pouvais naître Turc, Limousin, paysan.
Je ne suis magistrat, guerrier ni courtisan :
Non ; mais je suis seigneur d'une lieue à la ronde ;
Le château de Plinville est le plus beau du monde.
Je suis de mes vassaux respecté comme un roi,
Adoré comme un père : il n'est autour de moi
Pas un seul pauvre, oh 1 non. Mes voisins me chérissent i
Mes fermiers sont heureux, et même ils s'enrichissent.
J'ai, du moins je le crois, une agréable humeur;
Trop ni trop peu d'esprit, et surtout un bon cœur.
Je suis heureux époux et père de famille :
Je n'ai point de garçons ; mais aussi quelle fille I
LOITlUtSTE.
J'ai de bons vieux amis, des servileurs zélés ;
Je te rends grâce, 6 ciel I tons mes vœux sont comblés.