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ACTE IV, SCÈNE

Tu vas donc près de noua user les plus beaux jours! Ma fille, je te plains.

ANGÉLIQUE, li.eœïOl.

Gardez-vous de me plaindre; Celait l'hymen pour moi, l'hymen gu'il fallait craindre. Mon, vous ne savez pas & quel point je souffrais... En m 'éloignant de vous, j étouffais mes regrets; Dans un profond chagrin alors j'étais plongée. Au contraire, àprésentje me vois soulagée. En songeant que de vous rien ne peut m'arracher.

UoD père ! à vos côtés je prétends m'attacher ; Je veux vous prodiguer mes soins el mes services ; J'en ferai mon bonneur, j'en ferai mes délices.

Que me manq^uera-t-ilï vous m'aimei : près de vous, Ah 1 pourrais-je jamais regretter un époux î

Chère enfanll que ces mots ont tlatlé mon oreillel

Je n'éprouvai jamais une douceur pareille.

Ainsi donc, comme un baume en noire affliction,

Le ciel nous envoya la consolation.

Par elle on souffre moins. .. On souffre moins 1 que dis-je I

11 faut plaindre celui qui jamais ne s'aHlige,

Et que les coups du sort n'avaient point accablé ;

Il n a pas le bonheur de se voir consolé.

Pour moi, toujours content, sans chagrins, sans alarmes.

Je n'avais point encor versé de douces larmes ;

Personne, jusqu'ici, ne m'avait plaint, hélasl

Je me croyais heureux, et je ne l'étais pas.

Mais, dis, est-il bien vrai ? faut-il que je te croie ?

N'as-tu point de regrets ?

ANGÉLIQUE

Non, ma plus douce joie Est d'adoucir vos maux, et de les partager.

U. DE PLINVILLE.

Mes maux, s'il est ainsi, n'ont rien que de léger.

Nous serons pauvres, soit ; nous verrons moins de monde;

Ua femme dit qu'ici le voisinage abonde :

On sera plus discret ; mais nous nous suffirons.

Et ce sera pour nous, enfin, que nous vivrons.

ANGÉLIQUE

Vous savez que toujours j'aimai la solitude.

H. DE PLIHVILLE.

Je le sais ; et, de plus, tu te plais h l'étude ;

1 1 i L OPTIMISTE.

Od De peut s'eDDUjer avec ces deux goQta-là.

Tiens, Tois-lu î je me fais une fête déjà

De vivre seul avec ma petite famille,

Entre ma chère femme et mon aimable fille.

J'aurai moins de latjuais, et j'en serai ravi ;

Par UQ seul domestique on est bien mieui SArvi.

Nous vivrons gais, contents : que faut-il davantage ?

Nous nous aimerons bien : nous aurons en partage

Les vrais trésors, la paix, 1c travail, la santé,

Et... le premier des biens, la médiocrité.

ANGÉLIOUE.

Je sens bieo ce bonheur; vous savez mieux le peindre. SCÈNE VI

M. SI MADAME DE PUNVILLE, ANGÉUQUE.

U. DE PLINVILLE court ■ m temme.

Ma chère amie, au lieu de gémir, de me plaiadre, J'arrange un plan !...

MADAME DE PLINVILLB.

Eh bien, je vous l'avais prédit l Vous vous en souvenei, je vous ai toujours dit : « Monsieur, encore un coup, cette somme est trop forte

dnsi ; de grâce... ■ Mais n'importe!

r les risques...

H. DE PLINVILLE.

J'en convien ; Hais quoi, le mal est fait.

MADAME DB PLINVILLE.

Ehl oui, je le sais bien; Aussi je viens déjà d'y trouver un remède ; Car il faut toujours, moi, que je vienne à votre aide.

M. DE PLINVILLE.

Quoiî

MADAME DB PLINVILLE.

Je suis décidée à quitter ce pajs.

M. DE PLINVILLE.

Comment?

MADAME DE PLINVILLE.

Dans quatre jours nous partons pour Paris ; Et vous aurez, je crois, la bonté de nous suivre.

«. DE PLINVILLE.

ExpUquei-Tous.

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