SOPHIE , LORD HENRI
LORD HEXRi. Miss Sophio immobile ! Eh quoi ! n'allez-vous pas ?. . .
Quel est le sentiment qui captive vos pas? SOPHIE. N'en doutez pas , je vais... Mais dans cet instant même
Pourquoi donc les troubler ? De leur bonheur suprême
Qu'ils jouissent en paix, et surtout sans témoin.
De me voir la comtesse a-t-elle donc besoin ?
Qjand son cœur enivré...
LORD HENRI. Vous savcz quc son ame
De l'amour jusqu'ici n'a point senti la flamme. SOPHIE. On le dit , j'y crois peu : comment ne pas l'aimer ? i.ORD HENRI. Mais pcut-êtrc le comte...
SOPHIE. Ah! qu'il doit estimer
De toutes les vertus le plus parfait modèle !
Depuis plus de trois ans, hélas ! je suis loin d'elle ,
Et j'étais trop enfant^ lorsque je la voyais ,
Pour savoir de son cœur les sentiments secrets ;
Mais déjà cependant cette ame tendre et fière
M'avait fait admirer son noble caractère;
Je savais respecter la modeste froide r
Qui voi'ait tout excès de joie ou de douleur.
A sa réserve alors j'étais accoutumée,
Un seul mot m'assurait que j'en étais aimée.
Dans le fond de son cœur, ses profonds sentiments
Chaque jour lentement sont gravés par le temps;
Mais ce qu'il fit, jamais il ne peut le détruire ;
Sur elle l'amitié ne perd point son empire :
Elle a tout fait pour moi , c'est à son seul appui
Que je dois le bonheur de vivre près de lui. LORD HENRI. Lui ! dc qui parlez-vous ? Est-il seul sur la terre ,
Cet homme dont le nom n'est jamais nécessaire? SOPHIE. Pourquoi me tourmenter ? sais -je ce que je dis ?
Pardonnez mes discoi rs à mes faibles esprits.