‹ ŒuvresChapitre 80 sur 202 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des philosophes religieux appelés ihéosophes.

Lorsque j'ai rendu compte de la philosophie moderne des Aliem.ands, j'ai essayé de tracer une ligne de démarcation entre celle qui s'attache à pénétrer les secrets de l'univers, et celle qui se borne à l'examen de la nature de notre ame. La même distinction se fait remarquer parmi les écrivains religieux : les uns, dont j'ai déjà parlé dans les chapitres précédents, s'en sont tenus à l'influence de la religion sur notre cœur ; les autres, tels que Jacob Boehme en Allemagne, Saint-Martin en France, et bien d'autres encore, ont cru trouver dans la révélation du christianisme des paroles mystérieuses qui pouvaient servir à dévoiler les lois de !a création. 11 faut en convenir, quand on commence à penser, il est difficile de s'arrêter; et soit que la réflexion conduise au scepticisme, soit qu'elle mène à la foi la plus universelle, on est

souvent tenté de passer des heures entières, comme les faquîrs, à se demander ce que c'est que la vie. Loin de dédaigner ceux qui sont ainsi dévorés par la contemplation, on ne peut s'empêcher de les considérer comme les véritables seigneurs de l'espèce humaine, auprès desquels ceux qui existent sans réfléchir ne sont que des serfs attachés à la glèbe. Mais comment peut-on se flatter de donner quelque consistance à ces pensées, qui, semblables aux éclairs, replongent dans les ténèbres, après avoir un moment jeté sur les objets d'incertaines lueurs?

Il peut êlre intéressant , toutefois, d'indiquer la direction principale des systèmes des théosophes , c'est-à-dire des philosophes religieux qui n'ont cessé d'exister en Allemagne depuis l'établissement du christianisme, et surtout depuis la renaissance des lettres. La plupart des philosophes grecs ont fondé le système du monde sur l'action des éléments ; et si l'on en excepte Pythagore et Platon , qui tenaient de l'Orient leur tendance à l'idéalisme , les penseurs de l'antiquité expliquent tous l'organisation de l'univers par des lois physiques. Le christianisme, en allumant la vie intérieure dans le sein de l'homme , devait exciter les esprits à s'exagérer le pouvoir de l'ame sur le corps ; les abus auxquels les doctrines les plus pures sont sujettes ont amené les visions , la magie blanche ( c'est-à-dire celle qui attribue à la volonté de l'homme , sans l'intervention des esprits infernaux, la possibilité d'agir sur les éléments), toutes les rêveries bizarres enfin qui naissent de la conviction que l'ame est plus forte que la nature. Les secrets d'alchimistes, de magnétiseurs et d'illuminés, s'appuient presque tous sur cet ascendant de la volonté qu'ils portent beaucoup trop loin , mais qui tient de quelque manière néanmoins à la grandeur morale de l'homme.

Non seulement le christianisme , en affirmant la spiritualité de Pâme , a porté les esprits à croire à la puissance illimitée de la foi religieuse ou philosophique , mais la révélation a paru à quelques hom^jes un miracle continuel qui pouvait se renouveler pour chacun d'eux, et quelques uns ont cru sincèrement qu'une divination surnaturelle leur était accordée , et qu'il se manifestait en eux des vérités dont ils étaient plutôt les témoins que les inventeurs. Le plus fameux de ces philosophes religieux, c'est Jacob Boehme, un cordonnier allemand , qui vivait au commencement du dixseptième siècle ; il a fait tant de bruit dans son temps , que Charles P^' envoya un homme exprès à GorlitZ; lieu de sa de

meure , pour étudier son livre et le rapporter en Angleterre. Quelques uns de ses écrits ont été traduits en français par M. de Saint- Martin : ils sont très difficiles à comprendre ; cependant Ton ne peut s'empêcher de s'étonner qu'un homme sans culture d'esprit ait été si loin dans la contemplation de la nature. Il la considère en général comme un emblème des principaux dogmes du christianisme ; partout il croit voir dans les phénomènes du monde les traces de la chute de l'homme et de sa régénération , les effets du principe de la colère et de celui de la miséricorde ; et tandis que les philosophes grecs tâchaient d'expliquer le monde par le mélange des éléments de l'air, de l'eau et du feu , Jacob Boehme n'admet que la combinaison des forces morales , et s'appuie sur des passages de l'Évangile pour interpréter l'univers.

Deque'quemanièreque l'on considère ces singuliers écrits, qui, depuis deux cents ans , ont toujours trouvé des lecteurs, ou plutôt des adeptes , on ne peut s'empêcher de remarquer les deux routes opposées que suivent , pour arriver à la vérité , les philosophes spiritualistes et les philosophes matérialistes. Les uns croient que c'est en se dérobant à toutes les impressions du dehors, et en se plongeant dans l'extase de la pensée , qu'on peut deviner la nature ; les autres prétendent qu'on ne saurait trop se garder de l'enthousiasme et de l'imagination , dans l'examen des phénomènes de l'univers : l'on dirait que l'esprit humain a besoin de s'affranchir du corps ou de l'ame pour comprendre la nature, tandis que c'est dans la mystérieuse réunion des deux que consiste le secret de l'existence.

Quelques savants, en Allemagne , affirment qu'on trouve dans les ouvrages de Jacob Boehme des vues très profondes sur le monde physique; l'on peut dire au moins qu'il y a autant d'originalité dans les hypothèses des philosophes religieux sur la création , que dans celles de Thaïes, de Xénophane, d'Aristote, de Descartes et de Leibnitz. Les théosophes déclarent que ce qu'ils pensent leur a été révélé , tandis que les philosophes en général se croient uniquement conduits par leur propre raison : mais puisque les uns et les autres aspirent à connaître le mystère des mystères, que signifie à cette hauteur les mots de raison et de folie? et pourquoi flétrir de la dénomination d'insensés ceux qui croient trouver dans l'exaltation de grandes lumières? C'est un mouvement de l'ame d'une nature très remarquable , et qui ne lui a sûrement pas été donné seulement pour le combattre.

40S DE l'ali.emagin'e.

CHAPiTHE Mil.

De r esprit de secte en Allemagne.

L'habitude de la méditation porte à des rêveries de tout genre sur la destinée humaine. La vie active peut seule détourner notre intérêt de la source des choses; mais tout ce qu'il y a de grand ou d'absurde en fait d'idées est le résultat du mouvement intérieur , qu'on ne peut dissiper au-dehors. Beaucoup de gens sont très irrités contre les sectes religieuses ou philosophiques , et leur donnent le nom de folies . et de folies dangereuses. Il me semble que les égarements mêmes de la pensée sont bien moins à craindre pour le repos et la moralité des hommes . que l'absence de la pensée. Quand on n'a pas en soi cette puissance de réflexion qui supplée à l'activité matérielle , on a besoin d'agir sans cesse . et souvent au hasard.

Le fanatisme des idées a quelquefois conduit , il est vrai, à des actions violentes ; mais c'est presque toujours parcequ'on a recherché les avantages de ce monde à l'aide des opinions abstraites. Les systèmes métaphysiques sont peu redoutables en euxmê.mes , ils ne le deviennent que quand ils sont réunis à des intérêts d'ambition , et c'est alors de ces intérêts dont il faut s'occuper, si Ton veut modifier les systèmes ; mais les hommes capables de s'attacher vivement à une opinion , indépendamment des résultats qu'elle peut avoir, sont toujours d'une noble nature.

Les sectes philosophiques et religieuses qui , sous divers noms, ont existé en Allemagne, n'ont presque point eu de rapport avec les affaires politiques ; et le genre de talent nécessaire pour entraîner les hommes à des résolutions vigoureuses s'est rarement manifesté dans ce pays. On peut disputer sur la philosophie de Kant , sur les questions théologiques , sur l'idéalisme ou \ empirisme, sans qu'il en résulte jamais rien que des livres.

L'esprit de secte et l'esprit de parti diffèrent à beaucoup d'égards : l'esprit de parti présente les opinions par ce qu'elles ont de saillant, pour les faire comprendre au vulgaire; et l'esprit de secte , surtout en Allemagne, tend toujours vers ce qu'il a de plus abstrait : il faut, dans l'esprit de parti, saisir le point de vue de la multitude, pour s'y placer ; les Allemands ne pensent qu'à la théorie, et dût-elle se perdre dans les nuages, ils l'y suivront.

DE l'Allemagne. 409

L'esprit de parti excite dans les hommes de certaines passions communes qui les réunissent en masse. Les Allemands subdivisent tout, à force d'expliquer, de distinguer el de commenter. Ils ont une sincérité philosoplûque singulièrement propre à la recherche de la vérité , mais point du tout à l'art de la mettre en œuvre. L'esprit de secte n'aspire qu'à convaincre ; l'esprit de parti veut rallier. L'esprit de secte dispute sur les idées ; l'esprit de parti veut du pouvoir sur les hommes. Il y a de la discipline dans l'esprit de parti , et de l'anarchie dans l'esprit de secte. L'autorité , quelle qu'elle soit j n'a presque rien à craindre de l'esprit de secte; on le satisfait en laissant une grande latitude à la pensée : mais l'esprit de parti n'est pas si facile à contenter, et ne se borne point à ces conquêtes intellectuelles dans lesquelles chaque individu peut se créer un empire , sans destituer un possesseur.

On est, en France, beaucoup plus susceptible de l'esprit de parti que de l'esprit de secte : on s'y entend trop bien au réel de la vie , pour ne pas transformer en action ce qu'on désire , et en pratique ce qu'on pense ; mais peut-être y est-on trop étranger à l'esprit de secte : on n'y tient pas assez aux idées abstraites , pour mettre de la chaleur à les défendre ; d'ailleurs, l'on ne veut être lié par aucun genre d'opinions, afin de s'avancer plus libre audevant de toutes les circonstances. Il y a plus de bonne foi dans l'esprit de secte que dans l'esprit de parti ; ainsi les Allemands doivent être bien plus propres à l'un qu'à l'autre.

Il faut distinguer trois espèces de sectes religieuses et philosophiques eu Allemagne : premièrement, les différentes communions chrétiennes qui ont existé , surtout à l'époque de la réformation, lorsque tous les esprits se sont tournés vers les questions théologiques ; secondement, les associations secrètes, et enfin les adeptes de quelques systèmes particuliers , dont un homme est le chef. Il faut ranger dans la première classe les anabaptistes et les moraves ; dans la seconde, la plus ancienne des associations secrètes , les francs-maçons; et dans la troisième, les différents genres d'illuminés.

Les anabaptistes étaient plutôt une secte révolutionnaire que religieuse ; et comme ils durent leur existence à des passions politiques et non à des opinions, ils passèrent avec les circonstances. Les moraves, tout-à-fait étrangers aux intérêts de ce monde, sont , comme je l'ai dit , une communion chrétienne de la plus grande pureté. Les quakers portent au milieu de la société les

principes des moraves : ceux-ci se retirent du monde, pour être plus sûrs de rester fidèles à ces principes.

La franc-maçonnerie est une institution beaucoup plus sérieuse en Ecosse et en Allemagne qu'en France. Elle a existé dans tous les pays ; mais il parait cependant que c'est de TAllemagne surtout qu'est venue cette association, transportée ensuite en Angleterre par les Anglo-Saxons, et renouvelée, à la mort de Charles î^^, par les partisans de la restauration , qui se rassemblèrent près de réglise de Saint-Paul , pour rappeler Charles II sur le trône. Oq croit aussi que les francs-maçons , surtout en Ecosse, se rattachent de quelque manière à Tordre des templiers. Lessing a écrit sur la franc maçonnerie un dialogue où son génie lumineux se fait éminemment remarquer. Il affirme que cette association a pour but de réunir les hommes , malgré les barrières établies par la société ; car si , sous quelques rapports, fétat social forme un lien entre les hommes , en les soumettant à Tempire des lois , il les sépare par les différences de rang et de gouvernement : cette fraternité, véritable image de l'âge d'or, a été mêlée dans la francmaçonnerie à beaucoup d'autres idées qui sont aussi bonnes et morales. On ne saurait se dissimuler cependant qu'il est dans la nature des associations secrètes de porter les esprits vers l'indépendance ; mais ces associations sont très favorables au développement des lumières , car tout ce que les hommes font par euxmêmes et spontanément donne à leur jugement plus de force et d'étendue.

Il se peut aussi que les principes de l'égalité démocratique se propagent par ce genre d'institution, qui met les hommes en évidence d'après leur valeur réelle, et non d'après leur rang dans le monde. Les associations secrètes apprennent quelle est la puissance du nombre et de la réunion , tandis que les citoyens isolés sont, pour ainsi dire, des êtres abstraits les uns pour les autres. Sous ce rapport , ces associations pourraient avoir une grande influence dans l'état; mais il est juste cependant de reconnaître que la franc-maçonnerie ne s'occupe en général que des intérêts religieux et philosophiques.

Ses membres se divisent entre eux en deux classes : la francmaçonnerie philosophique , et la franc-maçonnerie hermétique ou égyptienne. La première a pour objet l'église intérieure, ou le développement de la spiritualité de l'ame ; la seconde se rapporte aux sciences, à celles qui s'occupent des secrets delà nature. Les

DE l'aLLEMAGNE. 501

frères rose-croix , entre autres, sont un des grades de la francmaçonnerie; et les frères rose-croix , dans l'origine, étaient alchimistes.

De tout temps , et dans tous les pays , il a existé des associations secrètes, dont les membres avaient pour but de se fortifier mutuellement dans la croyance à la spiritualité de lame ; les mystères d'Eleusis, chez les païens, la secte des Esséniens, chez les Hébreux , étaient îondés sur cette doctrine, qu'on ne voulait pas profaner en la livrant aux plaisanteries du vulgaire. Il y a près de trente ans qu'à Wilhelms-Bad il y eut une assemblée de francs-maçons présidée par le duc de Brunswick ; cette assemblée avait pour objet la réforme des francs-maçons d'Allemagne, et il paraît que les opinions mystiques en général, et celles de Saint- Martin en particulier, influèrent beaucoup sur cette réunion. Les institutions politiques , les relations sociales , et souvent même celles de famille , ne prennent que l'extérieur de la vie : ii est donc naturel que de tout temps on ait cherché quelque manière iatime de se reconnaître et de s'entendre ; et tous ceux dont le caractère a quelque profondeur se croient des adeptes , et cherchent à se distinguer par quelques signes du reste des hommes. Les associations secrètes dégénèrent avec le temps; mais leur principe est presque toujours un sentiment d'enthousiasme comprimé par la société.

Jl y a trois classes d'illuminés : les illuminés mystiques, les illuminés visionnaires, et les illuminés politiques. La première, celle dont Jacob Boehme, et, dans le dernier siècle, Pasqualis et Saint- Martin peuvent être considérés comme les chefs, tient par divers liens à cette église intérieure , sanctuaire de ralliement pour tous les philosophes religieux ; ces illuminés s'occupent uniquement de la religion , et de la nature interprétée par les dogmes de la religion.

Les illuminés visionnaires , à la tête desquels on doit placer le Suédois Swedenborg , croient que par la puissance de la volonté ils peuvent faire apparaître des morts et opérer desmiracles. Le feu roi de Prusse Frédéric-Guillaume a été induit en erreur par la crédulité de ces hommes, ou par leurs ruses, qui avaient l'apparence de la crédulité. Les illuminés idéalistes dédaignent ces illuminés visionnaires comme des empiriques ; ils méprisent leurs prétendus prodiges, et pensent que la merveille des sentiments de l'ame doit l'emporter à elle seule sur toutes les autres.

Enfin , des hommes qui n'avaient pour but que de s'emparer de l'autorité dans tous les états, et de se faire donner des places, ont pris le nom d'iiluminés; leur chef était un Bavarois , ^Yeisshaupt, homme d'un esprit supérieur, et qui avait très bien senti la puissance qu'on pouvait acquérir en réunissant les forces éparses des individus , et en les dirigeant toutes vers un même but. Un secret, quel qu'il soit, flatte Tamour-propre des hommes; €t quand on leur dit qu'ils sont de quelque chose dont leurs parei's ne sont pas, on acquiert toujours de l'empire sur eux. L'amvour-propre se blesse de ressembler à la multitude ; et dès qu'on veut donner des marques de distinction , connues ou cachées, on est sûr de mettre en mouvement l'imagination de la vanité , la plus active de tout<s.

Les illuminés politiques n'avaient pris des autres illuminés que quelques signes pour se reconnaître; mais les intérêts, et non les opinions, leur servaient de point de ralliement. Ils avaient pour but, il est vrai, de réformer l'ordre social sur de nouveaux principes ; toutefois , en attendant l'accomplissement de ce grand œuvre, ce qu'ils voulaient d'abord , c'était de s'emparer des emplois publics. Une telle secte a, par tout pays, bien des adeptes qui s*initient d'eux-mêmes à ses secrets : en Allemagne , cependant , cette secte est la seule peut-être qui ait été fondée sur une combinaison politique ; toutes les autres sont nées d'un enthousiasme quelconque, et n'ont eu que la recherche de la vérité pour but.

Parmi les hommes qui s'efforcent de pénétrer les secrets de la nature, il faut compter les alchimistes, les magnétiseurs, etc. Il est probable qu'il y a beaucoup de folie dans ces prétendues découvertes; mais qu'y peut-on trouver d'effrayant? Si l'on arrivait à reconnaître dans les phénomènes physiques ce qu'on appelle du merxeilleux , on en aurait avec raison de la joie. Il y a des momen's où la nature paraît une machine qui se meut constamment par les mêmes ressorts, et c'est alors que son inflexible régularité fait peur; mais quand on croit entrevoir en elle quelque chose de spontané comme la pensée , un espoir confus s'empare de l'ame, et nous dérobe au regard fixe de la nécessité.

Au fond de tous ces essais et de tous ces systèmes scientifiques et philosophiques , il y a toujours une tendance très marquée vers la spiritualité de l'ame. Ceux qui veulent deviner les secrets de la nature sont très opposés aux matérial'stes ; car c'est tou-

DE l'allemagke. 503

joiii'S dans la pensée qu'ils cherchent ia solution de i'énigme du monde physique. Sans doute un tel mouvement dans les esprits pourrait conduire à de grandes erreurs ; mais il en est ainsi de tout ce qui est animé : dès qu'il y a vie, il y a danger.

Les efforts individuels finiraient par être interdits, si l'on s'asservissait à la méthode qui régulariserait les mouvements de l'esprit , comme la discipline commande à ceux du corps. Le problème consiste donc à guider les facultés sans les comprimer; et l'on voudrait qu'il fut possible d'adapter à Fimagination des hommes Tart encore inconnu de s'élever avec des ailes, et de diriger le vol dans les airs.

Page 1