Régnier avait pourtant di^ sat. ii
Il fMt fliHTre vm sentier qui soit moins rebâtit , Et, conduit d'ApoUon , reconnoistre la trace On libre JuTénal, : trop discret est Horace Pour un homme piqué...
Ces vers ont fait dire à un certain nombre de biographes que Régnier était notre plus ancien satirique. Lui-même cependant reconnaissait qu'il y en avait eu avant lui, et les travaux récents de MM. YioIlet-le-Duc et Lenient ne laissent aucun doute à ce sujets La satire en vers fut au contraire très en faveur au moyen âge; les contes du Coêtoyement , le poème de la Mort-, de Helinand ; le Tour-^ noffemeiU de l'Antéchrist , de Huon de Méry ; la Bible Guyot , le Roman delà Rosey les Loups raviSy de Robert Gobin ; plus tard les nombreux Blazons rimes , les poèmes de Coquillart , de De Bellay, de Du Verdier, de Ronsard lui même, coostitoent une longue veine satirique, k laquelle Régnier n'a pas dédai^é de puiser souvent, surtout dans le Roman de la Rose.*
3. Gfdlet, fameux joueur de dés, contemporain de Régnier. Les commentateurs de Boileau (sat. VÎII, vol. 81 ) ont dit, sur la foi de la teadition ^ de Ménage dans ses Origines , que Gallet fit bi^r l'hôtel de Sully et qu'il le perdit au jeu. C'est bien le duc de Sully qui avait fait bâtir l'hôtel qui porte son nom, mais cette erreur s'explique aisément, parce que Gallet avait une maison tout auprès, dans laquelle était un cabaret qu'on appelait aussi l'hôtel 4e Sully ^ et il la vendit pour payer ses créanciers. On trouve encore le nOmde ce joueur dans les vers d'un ballet intitulé Le SMeux et U Qràtesque,
SATYRir XIV. 18*1
Le hazard pour le moins hii promet un empire. Toutesfofs, au contraire, étant léger et net, N'ayant que Tespérance, et trois dez au cornet, Comme sur un bon fonds de rente ou de receptes S Dessus sept ou quatorze^ il assigne ses dettes , Et trouve sur cela qui luy fournit de quoy.
Ils ont une raison qui n'est raison pour moy *^ Que je ne puis comprendre, et qui bien l'examine, Est-ce vice où vertu qui leur fureur domine?
L'un, allécbé d'espoir de gagner vingt pour cent, Ferme Toeil à sa perte, et librement consent Que l'autre le despouille et ses meubles engagé, Mesme, s'il est besoin, baille son héritage.
dansé par Louis XIII, en 1627. C'est dans an réeit pour lé$ FoêoUen de Rouen:
Lkf ceux qui prêtent le collet
Au chances que liyre Gallet, Après quelques fatenrs , souffrent mille disfraees ,
Et ne rencontrent Tolontiers
Qoe l'hôpital , dont les portiers Ce sont les Digolis , les Taupes et les Maces.