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Infasme bastard de Cythère, Fils ingrat d'une ingrate mère ,
POÉSIES DIVEBSES. 3S5
Avorton , traistre et desguisé , Si je t'ay servy dès Tenfance, De quelle ingrate récompence As-tu mon service abusé !
Mon cas , fier de mainte conqueste, En Espagnol portoit la teste, Triomphant, superbe, e^ vainqueur, Que nul effort n'eust sceu rabattre : Maintenant lasche, et sans combattre.
Fait la cane, et n'a plus de cœur.
De tes autels une prestresse L'a réduit en telle destresse.
Le voyant au choc obstiné.
Qu'entouré d'onguent et de linge, Il m'est advis de voir un singe Comme un enfant embéguiné.
De façon robuste et raillarde
Pend l'oreille et n'est plus gaillarde ;
Son teint vermeil n'a point d'esclat;
De pleurs il se noyé la face ,
Et fait aussi laide grimace
Qu'un boudin crevé dans un plat.
Aussi penaut qu'un chat qu'on chastre, Il demeure dans son emplastre, Comme en sa cocque un limaçon.
En vain d'arrasser il essaye ; Encordé tomme une lampraye, Il obéit au caveçon.
Une salive mordicante De sa narine distillante L'ulcère si fort par-dedans.
3S6 POAflES DIVERSES.
Oue, crachant 1 humeur qui le picque, Il bave comme un pulmonique Qui tient la mort entre ses dents.
Ha ! que ceste humeur languissante Du temps jadis est différente « Quand brave, courageux et chaud, Tout passoit au fil d» sa rage , N'estant si jeune pucelage Qu'il n'enfilast de prime assaut !
Apollon, dès mon âge tendre, Poussé du courage d'apprendre Auprès du ruisseau Parnassin, Si je t'invoquay pour poète , Ores, en ma douleur secrette , Je t'invoque pour médecin.
Sévère rby des destinées , Mesureur des vites années , Cœur du monde, œil du firmament, Toy qui présides à la vie, Gttéry mon cas, je te supplie.
Et le conduis à sauvement.
Pour récompense, dans ton temple Servant de mémorable exemple Aux jousteurs qui viendront après , J'apprendray la mesme figure De mon cas malade en peinture.
Ombragé d'ache et de cyprès.
ib
M. Tricotel a fait connaître, dans le. 84® numéro du Bulletin du bouquiniste (i.8 }mn 1860) , neuf pièces de Régnier omises dans toutes les édition», mais qui, malheureusement, comme il le remarque avec beaucoup de justesse, ne pourront guère être reproduites. M. Tricotel a relevé ces vers dans deux recueils rarissimes : les trois premières pièces, dans le Recueil des plus eoccellents vers satyriques du tetnps^ trouvés danslecabinet des sieurs de Sigognes^ Régnier^ Motin et autres des plus signalés poètes deee siècle * ; les six autres, dans les Délices satyriques^ ou Suite du Cabinet des vers satyriques de ce temps^ recherchés dans les plus secrets cabinets des siews
i. Paris, Ânt. Estoc, au PalaU, en la Galerie des Prisonniers, 1617» avec privilège du roi, in-i2 de w feuillets.
de Sigognes, Régnier^ Motin^ Berthdot^ Maymrd et autres des plus signalés poètes de ce temps \
Je vais reproduire le rapide sommaire donné par M. Tricotel, trouvant que c'est faire bien assez pour ces poésies déplorablement licencieuses que de donner les premiers et les derniers vers de chaque pièce.