‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 34 sur 252 · AU ROY · texte numérisé non relu

AU ROY

Sire,

Je m^ estais jusques ici résolu de tesmoigner par le silence le respect que je doy à vostre Majesté. Mais ce que Von eust tenu pour révérence le seroitmaintenant pour ingratitude y qu'il luy a pleu^ me faisant du bien^, mHnspirer, avec un désir de vertUy celui de me rendre digne de V aspect du plus parfaict et du plus victorieux monarque du monde. On lit qu'en Éthyopie il y avoit une statue ^ qui rendoit un son harmonieux toutes les fois que le soleil levant la regardait. Ce mesme miracle, Sire, avez vousfaict en moy, qui, touché de l'astre de Voêtre Majesté ^ ay receula voix et la parole. On ne trouvera donc estrangeySi, me ressentant de cet honneur, ma muse prend la hardiesse de le mettre à l'abry de vos palmes, et si témérairement elle ose vous offrir ce qui par droict est desja vostre, puis que vous l'avez faict naistre dans un sujet qui n'est animé que de vous,

1. Henri lY. — Je rétablis le titre tel qn*il est dans Tédition de 1608. D'après le dictionnaire de Richelet, l*orthographe véritable est Uminuire,

i. Le roi l'avait gratifié d'une pension de deux mille livres sur l'abbaye des Vaux-de-Cemay. Yoyez la satyre XIX.

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