LA C. P
INFAME bastard de Cythere, Fils ingrat d'une ingrate mère, Avorton, traistre et déguisé, Si je t'ay suivy des V enfance, De quelle ingrate recommence As tu mon service abusé?
Mon cas, fier de mainte conqueste, En Espagnol portoit la teste, Triomphant, superbe et vainqueur, Que nul effort n'eust sçeu rabattre ; Maintenant lasche, et sans combatre, Faict la cane et n'a plus de cœur.
De tes Autels une Prestresse La reduict en telle détresse, Le voyant au choc obstiné, Qu'entouré d'onguent et de linge, Il m'est avis de voir un singe Comme un enfant embeguiné.
De façon robuste et raillarde,
Pend Vaureille et n'est plus gaillarde.
STANSES. l83
Son teint vermeil n'a point d'esclat; De pleurs il se noyé la face Et faict aussi laide grimace Qu'un boudin crevé dans un plat.
Aussy penaud qu'un chat qu'on chastre, Il demeure dans son emplastre Comme en sa coque un limaçon ; En vain d'arrasser il essaye:
Encordé comme une lamproye, Il obeyt au caveçon.
D'une salive mordicante
De sa narine distillante
L'ulcère si fort par dedans,
Que, crachant d'humeur qui le pique,
Il bave comme un pulmonique
Qui tient la mort entre ses dents.
Apollon, dés mon aâge tendre, Poussé d'un courage d'apprendre Auprès du ruisseau Parnassin, Si je t'invocque pour Poète, Ores, en ma douleur secrète, Je t'invocque pour médecin,
Severe Roy des destinées, Mesureur des vistes années,
Cœur du monde, œil du firmament, Toy qui présides à la vie, Garis mon cas, je te supplie, Et le conduis à sauvement.
Pour recompense, dans ton Temple, Servant de mémorable exemple Aux joueurs qui viendront après, fappendray la mesme figure De mon cas malade en peinture Ombragé d'ache et de cyprès.
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