HYMNE
Dessous sa divine vertu,
Le péché languit abbatu,
Et, de ses mains à vaincre expertes
Etouffant le serpent trompeur,
Il nous assure en nostre peur
Et nous donne gain de nos pertes.
Ses oracles sont accomplis, Et ce que par tant de replis D'âge promirent les Prophètes Aujourd'huy se finit en luy, Qui vient consoler nostre ennuy En ses promesses si parfaites.
Grand Roy qui daignas en naissant Sauver le Monde périssant, Comme Père, et non comme Juge, De Grâce comblant nostre Roy, Fay qu'il soit des meschans Veffroy Et des bons l'assuré refuge.
Qu'ainsi qu'en Esté le Soleil,
Il dissipe, aux rays de son œil,
Toute vapeur et tout nuage,
Et qu'au feu de ses actions
Se dissipant les factions,
Il n'ayt rien qui luy fasse ombrage.
Dieu, si mes pèche % irritent ta fureur, |^ Contrit, morne et dolent, f espère en ta clémence; Si mon duè'il ne suffit à purger mon offence, Que ta grâce y supplée et serve à mon erreur.
Mes esprits éperdus frissonnent de terreur,
Et, ne voyant salut que par la pénitence.
Mon cœur, comme mes yeux, s'ouvre à la repentance,
Et me hay tellement que je m'en fais horreur.
Je pleure le présent, le passé je regrette, Je crains à V avenir la faute que j'ay faite, Dans mes rebellions je lis ton jugement.
Seigneur, dont la bonté nos injures surpasse,
Comme de Père à fils uses-en doucement :
Si favois moins failly, moindre seroit ta grâce.
QUAND dévot vers le Ciel j'ose lever les yeux, Mon cœur ravy s'émeut, et confus s'émerveille : Comment, dis-je à part-moy, cette œuvre nompareille Est-elle perceptible à l'esprit curieux ?
Cet Astre, ame du monde, œil unique des deux, Qui travaille en repos et jamais ne sommeille, Père immense du jour, dont la clarté vermeille Produit, nourrit, recrée et maintient ces bas lieux!
Comment t'eblouis-tu d'une flamme mortelle, Qui du soleil vivant n'est pas une étincelle, Et qui n'est devant luy sinon qu'obscurité.
Mais, si de voir plus outre aux Mortels est loisible, Croy bien, tu comprendras mesme l'infinité, Et les yeux de lafoy te la rendront visible.
CEPENDANT qu'en la Croix, plein d'amour infinie , Dieu pour nostre salut tant de maux supporta Que par son juste sang nostre ame il racheta Des prisons où la mort la tenoit asservie,
Altéré du désir de nous rendre la vie:
Tay soif, dit-il aux Juifs. Quelqu'un lors apporta
Du vinaigre et du fiel et le luy présenta.
Ce que voyant, sa Mère en la sorte s'écrie :
Quoy! n'est-ce pas asseq de donner le trépas
A celuy qui nourrit les hommes icy bas,
Sans frauder son désir d'un si piteux breuvage ?
Vene^, tireç mon sang de ces rouges canaux, Ou bien prenez ces pleurs qui noient mon visage, Vous sereç moins cruels et j'auray moins de maux.
COMMENCEMENT d'vN POEME SACRÉ 25y