L INTERNATIONALE ET MAZZINI IJI
socialistes d'impies, de spoliateurs, d'incendiaires, d'ennemis de la proprie'té et de la famille, un homme de cœur pourrait re'pondre par le me'pris ; à Mazzini qui, dans un sentiment sincère et profond, de'plore un mal qui n'est pas, signale un péril qui n'existe pas, profère un anathème quand de ses lèvres devraient sortir les bénédictions, je dois répondre que nos ennemis sourient en voyant nos divisions, que la cause des vaincus ne pouvait pas s'attendre à se voir, pour la première fois, abandonnée de celui qui n'a jamais été du côté des vainqueurs.
Je ne suivrai pas Mazzini lorsqu'il affirme que « le Conseil général de l'Internationale, composé d'hommes appartenant à des pays différents et dans lesquels il y a diverses manières de voir sur les maux existants et sur les remèdes possibles, doit inévitablement aboutir à de simples négations » ; que « un groupe d'individus qui assume le rôle de gouverner directement une vaste multitude d'hommes différents par la nationalité, les tendances, les conditions politiques, les intérêts économiques, et les moyens d'action, finira toujours par ne pas agir ou devra agir tyranniquement » ; que « l'Internationale est condamnée à mourir ». Je ne le suivrai pas, parce que, si ce qu'il affirme était seulement possible, je ne comprendrais pas l'organisation secrète de VAlleam^a repubblicana universale, ni les manifestes révolutionnaires signés de Pierre Leroux, Louis Blanc, Kossuth, Klapka, Ledru-Rollin, Karl Blind, et Giuseppe Mazzini. Je ne le suivrai pas, parce qu'il
n'est personne au monde qui ne sache de'sormais que, pour les the'ories de l'Internationale, le tsarisme russe et la de'mocratie américaine se valent ; que la Pologne morcelée est l'égale de la France constituée en un bloc unitaire, que le catholique de Rome est l'égal du musulman de Constantinople, le blond fils d'Arminius l'égal de l'Arabe du désert. Qu'importent les différences de climats, de constitutions politiques, de tendances, quand la lutte n'est pas engagée contre les degrés de latitude, mais contre la misère ; quand la lutte n'est pas engagée contre la couleur de la peau et la plus ou moins grande excitabilité des nerfs, mais contre l'ignorance ; quand la lutte n'est pas engagée contre les rois, mais contre le privilège! Pourquoi les hommes du Conseil général resteraient-ils inertes ou seraient-ils des tyrans, si toutes les sections de l'Association, autonomes dans leurs pays, se réunissent seulement sur le terrain international, entraînées par l'admirable identité des aspirations et des intérêts? — L'Internationale est condamnée à mourir ? Et c'est là la destinée qu'on entrevoit pour elle, tandis qu'un effort sans précédent met dans ses bras puissants tous les ouvriers du monde ? L'idée qui a eu des martyrs comme Babeuf, des philosophes comme Proudhon, des apôtres comme Marx et Lassalle, maintenant qu'elle a soufflé une âme dans les masses immenses des déshérités et qu'elle s'est annoncée au monde avec l'immense audace de la révolution de Paris, est-il possible qu'elle soit proche des râles de l'ago-