‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 11 sur 46 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

. sères du monopole économique inséparablement lié à la restauration du pouvoir politique de l'Etat. On s'inspirait en même temps de cette idée, base de tout socialisme, que les produits de la nature et ceux du travail, intellectuel et physique, des générations passées, en tant qu'ils servent d'instruments de production, ou sont employés à quelque besoin commun, ne doivent pas être appropriés par des individus. On se déclarait donc pour la propriété collective du sol, des matières primitives et des instruments de travail, tout en laissant aux groupes producteurs ou aux communes réunissant les groupes fédérés, la liberté de choisir les moyens de répartitions. Toutefois, dominait toujours cette idée, que chacun devrait 'recevoir le produit entier de son travail personnel.

La propagation de ces idées fui l'œuvre des internationalistes suisses romands, français, belges, italiens et espagnols. Pour elles, Michel Bakounine et ses amis jurassiens en Suisse, Varlin en France, César de Paepe en Belgique, Cafiero en Italie, et bon nombre d'autres, eurent d'ardentes luttes à soutenir contre des adversaires de toutes sortes, qu'ils rencontrèrent dans le camp bourgeois, comme dans l'Internationale. Karl Marx lui-même, par ses machina-

XyiII INTRODUCTION

tiens souterraines et déloyales, qui avaient pour but de faire adopter son système comme doctrine officielle par l'Internationale tout entière, montra combien l'autorité est abusive, fùt-elle même confiée à un homme intelligent et sincère tel qu'il était. Par son attitude, il contribua puissamment à ouvrir les yeux, à la grande majorité des internationalistes, sur les défauts inhérents à toute organisation autoritaire, et il les disposa en faveur de l'anarchie.

Cette lutte dans l'Internationale entre les autoritaires et les anarchistes se termina donc en faveur de ces derniers. Si, après des défaites sanglantes et des persécutions acharnées en France, en Espagne, en Italie, l'organisation extérieure de l'Internationale fut disloquée^ mais jamais complètement anéantie, les idées collectivistes anarchistes continuèrent à être propagées jusqu'au temps où, après toutes ces luttes, vint une période de calme relatif. Dans cette période on examina de nouveau le fond de la doctrine de façon à l'élaborer plus complètement et dans un sens plus avancé, de même fit- on, — ce qui ne nous intéresse pas ici — pour les questions de tactique.

On se disait que tout système se proposant d'attribuer équitablement à chacun le produit de son tra-

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