‹ Œuvres morales de PlutarqueChapitre 26 sur 59 · VIII. LE LYCORMAS · texte numérisé non relu

VIII. LE LYCORMAS

Le Lycormas, fleuve d'Etolie, fut depuis nommé Evenus à l'occasion suivante. Idas, fils d'Apharéus, ayant enlevé Marpisse, dont il était amoureux, l'emmena à Pleurone1. Evenus, indigné de cette violence, poursuivit le ravisseur de sa fille. Arrivé sur le bord du Lycormas, et désespérant de l'atteindre, il se jeta dans ce fleuve, qui prit le nom d'Evenus.

Il y croît une plante nommée sarisse, qui a la forme d'une lance 2, et qui est bonne pour les maux des yeux.

Près de ce fleuve est le mont Myène, ainsi nommé de Myenus, fils de Tolestor et d'Alphésibé, qui, ayant inspiré de l'amour à sa belle-mère, et ne voulant pas déshonorer la couche de son père, se retira sur le mont Alphius. Tolestor, à qui sa femme avait inspiré de la jalousie contre son fils, le poursuivit sur cette montagne déserte, et la fit si bien entourer par ses gardes, que Myenus, pour prévenir les menaces de son père, se précipita du haut de la montagne, qui, par l'ordre des dieux, a depuis porté son nom.

i C'était une ville d'Éolie.

î La surisse, suivant Hésychius, était une longue lance en usage chez les Macédoniens.

412 m;s noms des fleuves

Il croit sur cette montagne une fleur nommée leucoium », qui se flétrit dès qu'on prononce le nom de belle-mère, comme le dit Dercylle dans son livre second des Montagnes.

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