LETTRE LXV1II
VAUVENARGUES A VOLTAIRE
A Paris, dimanche matin, 15 mai 1746.
Je ne mérite aucune des louanges dont vous m'honorez; mon livre est rempli d'impertinences et de choses ridicules; je vais cependant travailler à le rendre moins méprisable 1 , puisque vous voulez bien m'aider à le refaire. Dès que vous m'aurez donné vos corrections2, je mettrai la main à l'œuvre. J'avais le plus grand dégoût pour cet ouvrage, vos bontés réveillent mon amour-propre; je sens vivement le prix de votre amitié; je veux du moins faire tout ce qui dépend de moi pour la mériter.
1 Vauvenargues préparait alors une seconde édition de Y Introduction à la connaissance de l'esprit humain, suivie de Réflexions et Maximes, seuls ouvrages qu'il ait publiés , et dont la réimpression, commencée sous ses yeux , ne fut terminée qu'après sa mort. — B.
2 Les corrections dont parle Vauvenargues sont celles que Voltaire a faites sur l'exemplaire de la première édition conservé à Aix , dans la bibliothèque Méjanes.
J'ai dit à M. Marmontel ce que vous me chargiez de lui dire. J'attends impatiemment votre retour, et vous remercie tendrement.
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