‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 143 sur 214 · LIVRE GiNQClÈME · texte numérisé non relu

LIVRE GiNQClÈME

se sei'veat que de leur raison pour ixichercher la nature des passions, et ce qu'elles sont capables de produire, s'ils ne sont pas toujours aussi pénétrants que les autres, ils sont toujours plus raisonnables êt moins sujets à l'erreur; car ils jugent des choses selon ce qu'elles sont en elles-mêmes. Ils voient à peu près ce que les passionnés peuvent faire, selon qu'ils les supposent plus ou moins émus ; et ils ne jugent pas témérairement des choses que les autres feront ou ne feront pas en telles rencontres, par celles qu'ils feraient eux-mêmes; car ils savent bien que tous les hommes ne sont pas également sensibles pour les mêmes objets, ni égaiement susceptibles des émotions involontaires. Ainsi ce n'est point en consultant les sentiments que les passions excitent en nous, mais en consultant la raison, que nous devons parler des jugements qui accompagnent les passions ; de peur que nous ne nous fassions connaître nous-mêmes, au lieu de faire connaître la nature des passions en général.

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