‹ Œuvres. Nouv. éd., avec une préf. et des notesChapitre 110 sur 138 · A 1,1 légère · texte numérisé non relu

A 1,1 légère

Rondeaux.

j^ 'est mal parlé, homme non véritable, Trop deceptif et trop insupportable, De maintenir que m'avez satisfait.

Il n'est pas vray, jangleur, menteur En vos propos trop estes variable, [parfait;

En jurement et bourde inénarrable Payement de vous j'ay eu, mal proffitable ; Je vous le dy de cueur non contrefait. C'est mal parlé.

Vostre façon de faire misérable Demonstre assez de non estre capable D'estre estimé, congneu le vostre effait. De retenir mon labeur, c'est forfait, Veu qu'en ce cas estes desraisonnable.

C'est mal parlé.

'il advenoit que je tenasse Ceste là que mon cueur menasse Pour le faire à son appétit , Peu à peu, petit à petit Je pescheroys dedans sa nasse S'el, vouUoit que la ramonasse

i56 Rondeaux.

A son plaisir, et démenasse.

Il fauldroit qu'el se desvestit.

S'il advenoit.

S'ainsi estoit que je penasse Et les jeux d'amours soustenasse, Et de moy el se dehaitit, J'ayme mieulx que son con prestit AUieurs, et plus n'y retournasse S'il advenoit.

n désirant ouyr vostre deviz Et assister près de vous viz à viz, '^ilM Et mesmement vous estant eu la ville, =îi D'ung franc voulloir pur et nect, et nor De vous louer il m'en est prins adviz. [ville

Ainsi que sont vrais amoureux raviz, Le premier jour que de mes yeulx vous \iz, Seurprins je fuz. aussi vray qu'Euvangille, En désirant.

Les gens qui ont espritz joyeux et vifz Mauvais récit de vous feroient enviz ', Congneu l'honneur que vostre cueur distile ; Car du recueil, du quel sçavez le stille, Maincts et mainctes sont de joye assouviz, En désirant.

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