Et cela, avec votre aide
a. Par coquetterie et faussement.
Et là finer, en langoureux séjours, Le demeurant et la fin de mes jours.
Du tout vostre , qui ne se nommera De son vivant, ny en lieu ny en place , Jusques au jour auquel se trouvera , Quant vous plaira^ pour vous veoir face à face.
A celle où gist honnesteté Autant en Dame que je saiche, Qui cueur a plain de netteté, Exempt de toute layde tache.
i en langueur me voulez faire vivre Et ne souffrir que mon cueur soit délivre Des griefz ennuy tz que pour vous il endure, Vouloir ayez plus dur que fer ou cuyvre En me disant rudement : je vous livre A desespoir et angoisse tresdure.
Chaleur me point, si faict aspre froidure ; Tel accident pour vous aymer me vient Et neantmoins de moy ne vous souvient.
Vostre beauté, vostre honneste personne, Vostre grant corps, qui tant bien se façonne, Me rend subject loyaulment vous aymer.
Et, supposé que nul mot je ne sonne Et que je veulx que mon cueur on ramonne
Epistres.
S'on veoit à moy cas qui soit à blasmer, Si vous requiers, de bon cueur, m'entamer Entièrement le vostre bon vouloir Qu'avez en moy, pour me faire valoir.
Tout mon vivant, en joye et en liesse Me maintiendray avec vous, ma maistresse , Délibéré jour et nuict vous complaire.
En ce faisant, esterez la tristesse Que mon cueur sent, en amère destresse. Et si serez de pitié l'exemplaire.
Et au surplus ne vous \iieille desplaire. Si de vous suis en mes espritz ravy.
Car c'est par vous, dès le jour que vous vy.
C'est de celliiy qui vous desiro nue Estre avec luy eu ung lict , bras à bras ; Qui son amour envers vous continue Si voz espritz ne sont vers luy iogratz.
A celle où est , comme il me semble, Honneur, valleur, sur toute Dame, Et maintien et beauté ensemble, Digne d'aymer de corps et d'ame.
ontinuant mes ditz et mes propos, Et que je n'ay ne jour ne nuict repos, Pour voslre amour, dont me fault dire [helas!
Et que je suis et me tiens des suppoz
Du Dieu d'amours, et subject aux impostz
Des déesses Juno, Venus, Pallas,
Veu que je suis détenu en voz las.
Je vous supply, d'ung cueur plain d'amytié ,
Me regarder en doulceur et pitié.
Assez avez apperceu la racine De mon vouloir et loyaulté insigne, Sans déclarer ne mon nom ne surnom ; Et congnu ay, et ay veu par ung signe Que ne povez donner la médecine Propre à mon cueur, dame de grant renon. Ne me servez de ce piteux mectz, non; S'ainsi estoit, soyez toute advertie, Ce me seroit bien griefve départie.
Par plusieurs foys , et sans vous esgarer, M'avez requis de bouche déclarer Qui est celluy qui tant vous ayme et prise. Si seur estoit estre aymé , préparer Vous le verriez en bon ordre, et parer, D'autant qu'en luy je ne saiche reprise. Pour quoy debvez, ainsi que bien aprise, Lui octroyer, d'amoureuse liqueur, Estre à jamais vostre amy de bon cueur.
Ne faictes pas comme cil qui s'amuse , Lequel, après qu'il a refuzé, muse.
Et se repend de l'offre à luy offerte. Aucunesfois mainte dame s'abuse Quant folement de sa volunté use.
-PISTRES.
Cuydant gaigner où souvent veoit sa perte. Mais je vous tiens si sage et si experte Que vous voulez, sans personne blasmer, Pour le plus seur, congnoistre avant qu'aymer,
De par celluy qui fort s'esmeut Pour vous prier et requérir Que votre cueur ne se desmeut De l'aymer, chercher et quérir.
A ceUe où est aujourd'huy ennuy grief , Luy soit par nioy ma letre présentée , Laquelle n'est, ne sera, en mot brief, De mon amour, de ma vie, exemptée.
rop me desplaist de ce que j'ay ouy, ^^^ De quoy mon cueur ne s'est pas resjouy, à Mais est en dueil touchant vostre incident . ^^ Imprudemment d'ung sot vouloir jouy, On a vers vous, et ne doit dire ouy Celui qui a commis tel accident.
Le cas est cler et assez évident Que tel couroux ' de cruelle nature.
N'est point venu de noble geniture.
Pour le plus seur, et santé recepvoir, En vostre cueur besoing est concepvoir Que d'endurer vous convient de plain sault, Et désormais debvez apparcevoir