LE VIGNERON. BON TEMPS
PEUPLE FRANÇOIS commetice .
uis qu'après grant mal vient grant bien Ainsi qu'on dit en brief langage , D'avoir soulcy n'est que bagage ; Qu'il soit ainsi, je l'entens bien.
La paix nous avons , mais combien
I. Rien n'indique que la reine Éle'onore soit venue à Auxerre avant i54i. Du Bellay, dans ses Mémoires, Sébastien Morean, dans son histoire de la Prinse et Délivrance de François 1er, le marquis d'Aubais dans son Ilinérnire des rois de France, ne rangent pas Auxerre au nombre des villes
a Satyre pour
Que nous l'ayons, c'est qu'on la garde.
Ur, prudence et subtil moyen
Ont bien joué leur personnaige :
Car tel qui a perte et dommaige
De brief recouvrera le sien,
Puis qu'après grant mal vient grant bien.
Quant est de moy, sur toute rien,
Désormais me veulx resjouyr ;
Et aussi , de va et cie vien
Se je puis recouvrer le mien,
Poarray de mon plaisir jouyr.
JOYEUSETÉ
Peuple François se faict ouyr, Je l'entens bien a sa parolle, D'autant qu'il veult soucy fouyr Et chagrin en terre enfouyr.
Il fault qui ' me baise et accoUe ; Pour bien donner une bricoUe *,
«jue traversa François 1er, lorsqu'il amena sa nouvelle épouse, Éle'onore d'Autriche, de Bordeaux ît Paris. M. Quantîn, le savant archiviste d'AuxeiTe, est venu confirmer les conclusions qu'on peut tirer de cette omission, en nous assurant que les archives confie'es a sa garde ne montrent aucune tracide l'entrée de la Heine Aliénor avant la date de l'impression des œuvres de CoUerye. Il est probable que cette entrée avoit été annoncée, que notre auteur avoit fait sa satyre, et que la peste qui sévissoit violemment alors k Auxerre vint changer l'itinéraire arrêté.
I. Qui pour qu'il, provincialisme qu'on retrouve souvent i'.aus Roger de Collerye.
?. Coup de côté, ici baiser de côté, embrassade léglrt. prise vivement et avec désinvolture.
LES HABITANS d'AcXERRE
Il en sçait assez la manière ; Et, puis qu'il fault que le racole, Il a fréquenté mainte escole Sans tirer le cul en arrière, AfSn de gaigner la barrière.
Je m'en voys à lui, somme toute.
Dieu gard' le seigneur !
PEUPLE FRANÇOIS
Vous gorrière !
JO Y EU s ÉTÉ.
Que vous dit le cueur?
PEUPLE FRANÇOIS
Bonne chère.
JOYEUSETÉ
Faire la convient, quoy qu'il couste.
Avant qu'à parler je me boute, Et de vous dire où j'ay esté.
Et sans arrester grain ne gouste.
Accollez-moy.
PEUPLE FRANÇOIS
Je vous escoute ; Qui estes- vous?
JOYEUSETÉ
Jo}euseté.
PEUPLE FRANÇOIS
Joyeuseté !
En gayeté
4 Satybe pour
La plus plaisante soubz la nue, Qui souvent vous ay regrecté, Mais c'est en toute honnesté.
PEUPLE FRANÇOIS
Vous soyez la tresbien venue.
JOYEUSETÉ
Peuple Françoys , entretenue
J'ay esté, gaillard ', brief et court,
Prisée, aymée et soustenue,
Et pour singulière tenue
Des plus grands seigneurs de la court;
Les vestuz de long et de court,
Se sont devers moy retyrez
Aussi tost qu'ung poste qui court.
Brief, en effet, chascun accourt
Vers moi , comme gens inspirez.
PEUPLE FRANÇOIS
Les gens ne voit-on empirez Pour Joyeuseté maintenir ; Car dès lors que les aspirez , S'ilz ont ennuytz, les respirez Pour les en liesse tenir.
Or, je veulx dire et soustenir Que d'engendrer melencolye Il n'en peult jamais bien venir.