Sans foi , r.i'jf.ç , croyance
Ballades.
rop or et argent amasser ^'^ Sans en bien user n'est licite; ^^ ' Trop son ennemy pourchasser
N'est pas tout eur, comme on recite; Trop longue guerre mort suscite, Au peuple mauvais peu en chault ; Trop malverser, grant mal incite; Tant plus y a trop, et moins vault.
Trop empoigner, trop embrasser Est ung trop assez illicite.
Trop avoir et trop tracasser N'est pas bon. S'il n'y a poursuitte Prisée n'est une lâche fuitte.
Ne trop fin homme, ne trop cault, Ne pareillement trop grant suitte ; Tant plus y a trop et moins vault.
Trop noiser et trop menasser Est un trop dont on n'est pas quicte ; Trop passer et trop rapasser C'est un trop de sotte conduite ; Trop voit-on prudence petite Régner sur plusieurs bas et hault
I. Cette ballade pve'sentc une tounmi'e analogue a celle de Villon :
Tant grate cll^vre que mal gist, etc.
ija Ballades.
Trop voit-on mourir gens d'eslite ; Tant plus y a trop, et moins vault.
Prince, ma parolle desduyte, Puis que par trop conclure fault, Je dis en substance bien duitte :
Tant plus y a trop et moins vaulL
ar le saufconduyt inutille De malheur et Dame Fortune, En ceste cité malutille .le n'ay gaigné chose aucune ;
Car soubz Juppiter et Saturne,
Conjoinctz a Venus pelle melle.
On le faict pour de la pecune ;
Trot à lo ', chascun s'en mesle.
Les preudes femmes de la ville
Sont moins estimez qu'une prune,
Et croy qu'on sera bien habille
S'on en peult rencontrer quelcune :
La blanche le faict et la brune
Aussi faict la layde et la belle,
Car, par l'edict de la commune,
1. laut-il lire Irol tayaiil ou trotta lo? Nous avons suivi le texte, et nous laissons aux mythologues le soht d'expliquer par quelle bizarre tradition la course d'Io seroit devenue un proverbe chez les vignerons de la fiouEgogne.
Ballades.
Trot à lo, chascun s'en mesle.
Aussi vray comme l'Evangille, Autant la vielle que la jeune Du jeu des rains sçavent le stille, Car ne l'ung ne l'autre n'en jeusne.
Et si le masle se desjeune Du dedu\ t avec la fumelle, Elle dict que trois n'en font qu'une ; Trot à lo, chascun s'en mesle.
Prince, pour éviter rancune, Et le danger qu'on ne groumelle, Fut conclud, au soir, à la lune, Trot à lo, chascun s'en mesle.
Bon Temps.
r qui m'aymera si me suyve !
Je suis Bon Temps, vous le voyez En mon banquet nul n'y arrive Pourveu qu'il se fume ou estrive.
Ou ait ses espritz fourvoyer:
Gens sans amour, gens desvoyez
.le ne veulx, ne ne les appelle.
Mais qii'ilz soient gectez à la pelle.
Je ne semons en mon convive
Que tous bons rustres avoyez ;
Aiov, mes supporlz, à plaine rive
Ballades.
Nous buvons, d'une façon vive, A ceulx qui y sont convoyez.
Danceurs, saul leurs, chantres, oyez', Je vous retiens de ma chapelle.
Sans estre gectez à la pelle.
Grongnars, fongnars, hongnars, je prive, Les biens leur sont mal employez ; Ma volunté n'est point rétive, Sur toutes est consolative, Frisque, gaillarde, et le croyez; .Jurours, blasphémateurs, noyez ; S'il vient que quelcun en appelle Qu'il ne soit gecté à la pelle.
Prince Bacchus, telz sont rayez, Car d'avec moy je les expelle ; De mon vin clairet essayez.
Qu'on ne doibt gecter à la pelle.