‹ Œuvres. Nouv. éd., avec une préf. et des notesChapitre 87 sur 138 · La donna, la dame · texte numérisé non relu

La donna, la dame

Rondeaux.

faict d'amours Beau Parler na [plus lieu Car sans argent vous parlez en hebrieu, .K^^-^ïï^M Et fussiez- vous le plus beau filz du monde. Se ne foncez, je veulx que l'on me tonde Si vous mectez vostre pied en l'estrieu. De dire aussi, en jurant le sang bieu : « Tout est à vous, rentes, corps, bier.s et fieu ; » Ce propos là peu vault, parole ronde, En faict d'amours.

Pour parvenir il convient mectre en jeu, Avant jouyr baillez, comptez en preu ; Vêla le point où la dosne se fonde, Et sans cela à la brune ou la blonde Jà n'y aurez accez ne bon adveu En faict d'amours.

1. M. Louis du Boys, dans son édition des Œuvret d'Olivier Basselin, Caen, 1821, range cette pièce parmi les vieilles chansons normandes. Celle qu'il cite ne présente gubre de différence avec celle-ci que vers la fin.

Rondeaux.

1 tient à vous que je n'ay mon plaisir, Gente mignonne, au gent corps compassé; Vous sçavez bien que tout le temps passé De vous aymer j'ay eu tousjours désir.

Impossible est à moy aultre choisir.

D'où vient cela que je n'en suis lassé? Il tient à vous.

Ung dard d'amour souvent me vient saisir Qui me rend mat et demy trespassé ; Mon pouvre cueur est si fort entassé, Car de vous veoir je n'ay jamais loisir ; Il tient à vous.

ans cesser vostre amour me grève, ila mignonne, je vous prometz, |)|\ Dent je suis en tel entremectz Qu'il semble, à me veoir, que je resve . Je cours, je frétille, je desve, Je me tue. et si n'en puis mais, Sans cesser.

iga Rondeaux.

Se voulez consentir la trêve Ou composer pour tousjours mais.

Par mon ame, je me submectz Que l'exécution soit briefve Sans cesser.

uant il vous plaira de m'aymer D'ung bon vouloir, soyez certaine #ys Que vous donneray pour estraine îS^^»*^*^ Mon cueur, qui n'est pas à blasmer.

En mon esprit aulcun amer Ne verrez, ne chose vilaine; Quant il vous plaira.

Pareille à vous deçà la mer Ne sçay, ne tant doulce et humaine.

Parquoy. ma dame souveraine, A jamais vous veulx reclamer, Quant il vous plaira.

RO.VDEAUX.

>m e m'est tout ung s'il ne vous plaist f^^^} Puisque je suis de vous banny ; ^^ D'une aultre je seray garny *

Qui sçait d'amours faire l'explet.

Mon plaisir lors sera complet En estant de son corps muny; Ce m'est tout ung.

Je suis gay, gaillard et souplet Et d'oultilz assez bien fourny Pour faire l'ouvrage infmy Que chascun ayme à peu de plet ; Ce m'est tout ung.

ant qu'en discord seront princes i0f [Ct roys

Possible n'est corriger les desroys, Ne les abuz, ne tenir bon concile.

S'en paix estoient. il seroit bien facile De mectre à fin ung tas de desarroys.

Quant paix règne en triumphans arroys , Les laboureux conduisent leurs charroys,

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