Menteurs
ig6 Rondeaux.
S'ilz sont de génère levi Office auront ou bénéfice Pour certain.
Mais les bons, qui ont desservy D'avoir le temps bon et propice, Leur fait ira en escrevice.
Dont j'ay le cueur de dueil ravy Pour certain.
edans briefz jours, gens avaricieux, Ambicieux, superbes, vicieux.
Viendra ung tems, comme dit l'Es- !!Ê^ [cripture,
Lequel verront gens de bonne nature Et non pas vous, par trop malicieux.
D'iceulx viendra un peuple vertueux Lequel sera vers Dieu affectueux ; Et prendra fin maligne créature Dedans briefz jours.
Bien tost après régnera, soubz les cieulx, Temps à souhait et temps délicieux ; Justice adonc fera toute droicture ; Foy, Loy, Amour, dessoubz sa couverture, Triumpheront d'un cueur audacieux Dedans briefz jours.
Rondeaux. 197
uges , prevostz , marchaiis , bour- [geois, commun, Et vous aussi, nos seigneurs de î'^ l'Eglise,
Amendez-vous, sinon je vous advise D'avoir pardon n'y voy remède aucun.
Lassus es cieulx il est bruyt que chascun Offense Dieu, qui n'est pas bonne guise. Juges, prevostz.
Persévérer en tout mal c'est esgrun * ; Le monde faict de pécher marchandise, Parquoy il faut qu'eu briefz mots je réduise Que des troys pars n'en domourra nesung. Juges, prevostz.
e^ 6 Despourveu, qui ne s'oze nommer, m^M A^ctaint d'ennuy et d'ung regret amer ,
Plus angoisseux que l'on ne sçauroit dire, A-il raison et cause de s'en rire?
Je croy que non, ne joyeulx se clamer.
I. Fait pour aigrir Dieu. On comprenait sons le nom d'esyrun tous les le'gnmes acres. Esgruner voulait dire aussi détruire.
Rondeaux.
N'estoil espoir qui le vient reclamer, Cent foys le jour l'on le verroit pasmer Et endurer douleur, peine et martyre.
Le Despourveu.
Cecy luy vient pour loyaulment aymer Une sans plus qui se doibt estimer, Pour qui souvent son povre cueur souspire, Ce nonobstant son amour il aspire Et son honneur, qui n'est pas à blasmer. Le Despourveu.
!^^ Dieu en est de m'envoyer du bien ^M^y^M Et me donner grâce d'en bien user, SA nul qu'à luy ne me veulx amuser Car aultrementje n'y gaignerois rien.
Ce peu que j'ay est sien et non pas mien; Du bon du cueur le dis, sans m'excuser, A Dieu en est.
S'il m'en donnoit habondamment, combien Que je ne sçay s'il me veult reffuser, Je n'en vouldrois nullement abuser De mon povoir, n'en sercher le moyen, A Dieu.
Rondeaux. 199
Contre Jaloux et Coquus.
ovres martyrs, en voz cueurs esbetez, )2- Qui jour et nuyt voz femmes vous guectez. Estans actains de sotte jalouzie, Ostez, ostez de vous la fantazie, Et de ce faict jamais ne caquetez.
Puis qu'il advient que pers et estez, Dru et souvent coquus avez estez, Leur raye en est, pour ce point, moins moizie. Povres martyrs.
De ce hault mal peu en sont exceptez, Par quoy en gré la fortune acceptez, Car de courroux, de dueil et frenaizie. Pourriez gaigner la belle pleurezie Qui prend les gens droictement aux costez, Povres.
Contre les Flateurs.
our bien jouer du placebo, Pour flater et mentir aussi. Pour rapporter cela, cecy, Tousjours eu grâce manebo.
2O0 Ro.NDEAUX.
Qui biens veult avoir, docebo Qu'il est besoing de faire ainsi Pour bien jouer.
Et en usant de tacebo Contre droit et raison dixi, Que vertu nunquàm dilexi, Mais mon cueur de mal replebo Pour bien jouer.
rescher Seigneur, et tieshonnorémaistre, ^4^^ Il vous plaira vostre bon voulloir mètre ^ K^x A me donner et faire avoir la cure ' — *^"^ Que, ja pieça, envers vous je procure Pour à jamais vostre serviteur estre.
Infortuné je suis et povre prestre.
Privé des biens de ce monde terrestre Se ne prenez de mon faict soing et cure, Trescher Seigneur.
Ne mectez pas mon cas à la senestre.
Entérinez ma requeste à la dextre Disant volo, qui le cueur purge et cure, Et le nolo, dangereuse picquure, Ne me ferez, s'il vous plaist, apparoistre, Trescher Seigneur.
Rondeaux.
j^ 'est tresmal faict d'abuser de promesse ^i^ Ung serviteur ancien, chantant messe, Auquel estoit promis ung bénéfice Par le Seigneur où il est en service ; S'il se desdit, ce n'est pas gentillesse.
De faire ainsi, esse ung tour de noblesse"? Je croy que non, veu que, toute jeunesse. Il a servy son parent, et sans vice; C'est tresmal faict.
Il esperoit, moyennant son adresse, Avoir des biens, et de cryer largesse, Comme ung herault en faisant son office ; Mais, pour tout bien, ung beau rien mal propice Il a receu, dont il dira sans cesse C'est tresmal faict.
XXXVIIII.
oyant les barbes non rasées, % Dont plusieurs font leurs risées, ^ Bigarreures non abolyes 3^ Nous engendrent melencolyes, Car ce sont cho.ses mal prisées.
Les dames se sont advisées D'estre en leurs habitz desguisées, Coinctes, bragardes, et jolyes
2oa Rondeaux.
Voyant les barbes.
Or, les naiions divisées Gectent dessus eùlx leurs visées De voir régner tant de folyes Qui ne sont pas aux omelyes Que Bède ' a jadis devisées,
Voyant les barbes.
n promesse d'homme de bien, Comme on dit,sedoibt-on actendre. Mais à ce que je puis entendre.
Au jourd'huy on n'y congnoist rien.
On me promect assez, combien Que mensonge est fort à reprendre En promesse.
Pour le plus seur quant on dict : tien . Cela est facile à comprendre.
Car en donnant lors on peult prendre Le bien d'aultruy comme le sien En promesse.
I . Le vénérable Bfede, vue sifecle. Peut-être a-t-il parlé des barbes dans les quatre vingts traite's qu'il a composés outre son Histoire ecclésiastique? Q>ielques-uns de ces traités roulent sur la discipline du clergé et touchent aux mœurs dn temps.
Rondeaux.
ào3
ntre promectre et tenir, Ainsi que je puis retenir Plusieurs se treuvent forvoyez ; Dire et faire, comme voyez,
Sont mauvais à entretenir.
J'ay pour y aller et venir
Ung rien qui m'est grief souvenir
Dont mes espritz sont desvoyez Entre promectre et tenir.
Foy ne m'a voulu soustenir,
Ne Vérité se maintenir;
Mais ont mon espoir convoyez
A Infortune et envoyez.
Sans jamais à bien parvenir Entre promectre et tenir.
ng « tien » vault mieulx quedix foystu Taras; Et qu'il soit vray, je m'en suis apperceu, S S'a « tu Taras » t'atends, tu es deçeu, ^» Car rien de luy tu n'en apporteras. Pour « tu Taras » tu viendras et yras, Puis tu diras que tresmal t'a receu Ung tien.
Rondeaux.
Mais s'on dit pren, franchement jureras Que ton cas est en vérité conceu ; De «tu Taras » d'ung mien amy j'ay sceu Que trompé est, et ainsi le seras Ung tien.
i^^jr vanthier, entre chien et lou, V^ Ay d'une nourrisse breneuse H Gaigné une bosse chancreuse Qui venoit de je ne sçay où.
Or puis qu'il m'en fault faire jou', Je dy fy de telle amoureuse Avanthier.
A tous les diables soit le trou De la villaine chacieuse!
De sa façon maulgracieuse Tout incontinent j'en fuz sou Avanthier.