LUI
urant ce temps de moissons et van- [danges Pratique n'est en ma bourse es- [ prouvée; Qu'il soit ainsi la raison est prouvée, Par ce que point ne me vient bon vent d'anges.
Vin en vaisseaulx, en cave, ne vidanges A vendre n'ay ; Povreté m'a couvée Durant ce temps.
Blé en garnier ne gerbes n'ay en granges, Richesse en moy ne fut onc approuvée Nécessité, qui tant est reprouvée, Me suyt de près, ce sont choses estranges Durant ce temps.
ur tous humains je veulx bien qu'on
j^l [le sache
Qu'en vostre cueur n'y a mauvaise
[tache,
Par quoy avez en tous lieux mérité Destre estimé, d'autant que charité D'avecques vous ne s'eslongne ne cache.
Le mien esprit à aultre fin ne tache
212 Rondeaux.
Que prier Dieu , d'un voulloir non pas lasche De vous donner toute prospérité Sur tous humains.
De veoir voz dictz jamais je ne me fâche Plaisir y prens, et les savoure et mâche ; Fondez les voy tous en auctorité ; Veu les vertus dont estes hérité, A vous louer je le veulx prendre en tache Sur tous humains.
e froit m'assault aux dois , piedz , W^^ [corps et mains,
mfM Et me poursuit jusques au bout
[du nez;
Du ranc je suis de ceulx là qui sont nez De pouvretez, desquelz il en est mainctz.
Gens mal vestuz,sans argent, soient Rom- Ayment bien peu, s'ilz ne sont ostinez, [mains, Le froit.
Aux vents de bize et galerne ' inhumaine Mes gaiges sont en yver assignez ; De faire donc gros banquetz et disnez Craindre je doy, non pas riches humains, Le froit.