‹ Œuvres nouvelles de Des Forges MaillardChapitre 129 sur 134 · Les fossés · texte numérisé non relu

Les fossés

4. Tombollée pour tomberellée. c'est la charge d'un tombereau.

5. Les chaumes restés sur pied dans les champs après la moisson.

ront ensemencé. Est aussy entendu que led. sieur des Forges paiera les fouages ordinaires et extraordinaires, sansqu'il soit tenu de paier aucune autre levée ny taxé qui pourroient arriver. Et a led. sieur des Forges déclaré que lad. ferme est de la valeur de 90 livres de rente.

A quoy faire et accomplir se sont les parties obligées chacun en ce que le fait les touche... Fait et passé au Croisic, en l'estudede Chessé, notaire royal, sous le signe dud. sieur des Forges. Et pour ce que les preneurs ont déclaré ne sçavoir signer, ils ont prié, sçavoir ledit Rastel René Loyseau Treuenant, ladite Bourdic Jean Loréal escolier de signera leurs requestes, ce qu'ils ont fait lesdits jour

Pi an '

et an.

(Signé) Paul Maillard. — R. Loyseau. — Jan Loréal. — Lebourdiec, notaire royal. — Chessé, notaire royal.

Vente de Brader ac en i y 86.

Paul-Philippe Maillard, sieur des Forges, fils du poète, vendit Brederac, par acte du ler août 1786, pour une somme de 12.000 livres, à son cousin germain Bonaventure-Vincent Maillard, fils de cet Olivier Maillard qui avait repris pendant quelque temps le surnom de Malcrais et commandé la frégate la Calypso (voir ci-dessus,

p. cxii-cxiii de l'Introduction), et qui fut le trisaïeul de M. Augustin Maillard, maire actuel du Croisic, à l'obligeance duquel nous devons presque tous nos renseignements sur la famille de notre poète. Dans cet acte le manoir de Brederac est ainsi décrit :

« Une maison nommée Brederac, paroisse d'Escoublac, « consistant en trois enbas servant actuellement de loge- •I ment au métaier ; grenier au-dessus de l'appartement au o bout du Couchant; trois petites chambres hautes en « forme de mansardes du bout du Levant ; rue et issue au « Nord, et aire à battre au Midy. » Cette aire à battre dont notre poète a parlé dans sa description de Brederac, touchait d'une part la maison « y compris sa galerie, » et d'autre était débornée par le clos dit du Grand-Jardin, par le clos Michel, et par « un jardin cerné de murs et B fossé, dans lequel il y a un appentif couvert d'ardoise « et en l'angle du Couchant une vieille maison tombant « en ruine. »

Brederac n'est point sorti de la descendance d'Olivier Maillard-Malcrais; dans un partage de 182g, entre autres, il figure comme métairie tenant environ 14 hectares de terre.

Quant à la vigne de Malcrais, elle a gardé son nom ; c'est aujourd'hui le clos Malcrais, tenant un hectare douze ares, sis en Escoublac près du village de Cui, lequel est lui-même à 5oo mètres environ dans l'Ouest de Brederac. — D'après cela il y a lieu de faire un errata à la ligne 17, page VI de notre Introduction. Car notre poète, après être descendu de Brederac vers la mer, remontant ensuite vers Malcrais, ne marchait pas « dans la direction de l'Est, 1) comme le porte cette ligne, mais dans celle du « Nord-Nord-Ouest. »

Titon du Tillet et Voltaire. — Le père de Titon et Condé.

>ANs l'Introduction du présent volume (p. lxx et Lxxi ci-dessus), nous avons donné extrait d'une lettre inédite de Des Forges Maillard, où il rappelle une diatribe de Voltaire contre Titon du Tillet, dont il se borne à citer les trois premiers mots : Un homme s' avisa, etc. Nous avons vainement cherché le morceau visé par cette citation dans les meilleures éditions des Œuvres de Voltaire, entre autres, dans celles de Beuchot et de M. Moland. Au nom de Titon du Tillet, les tables de ces éditions renvoient, d'abord à un huitain concernant le Parnasse de bronze de Titon et que nous allons citer, ensuite à des mentions relatives à la petitenièce de Corneille, recueillie d'abord par Titon, puis par Voltaire, — et c'est tout. Voici le huitain, que les éditeurs intitulent, on ne sait pourquoi, Triolet à M. Titon du Tillet :

Dépêchez- vous, monsieur Titon, Enrichissez votre Hélicon ; Placez-y sur un piédestal, Saint-Didier, Danchet etNadal;

l80 DES FORGES MAILLARD

, Qu'on voie armés du même archet

Nadal, Saint-Didier et Danchet ; Et couverts du même laurier Danchet, Nadal et Saint-Didier'.

Sans doute ce huitain est une raillerie, sinon très piquante, du moins fort peu déguisée contre le Parnasse de Titon ; pourtant si les attaques de Voltaire s'étaient bornées là, on ne comprendrait ni la lettre de Des Forges, ni les plaintes qu'on rencontre sur le même sujet dans plusieurs contemporains, par exemple, dans les Trois siècles littéraires de Sabatier de Castres qui, après avoir rappelé les services rendus aux lettres et aux gens de lettres par Titon, ajoute : « Tant de titres étoient plus « que suffisants pour le mettre à l'abri des insultes de M. €t de Voltaire, qui devoit en son particulier lui savoir gré «1 de l'avoir si bien partagé dans les honneurs qu'il a ac- « cordés à nos grands poètes ; mais la gloire ne le touche n qu'autant qu'elle est exclusive, et M. Titon lui avoit n préféré Rousseau. »

Il y eut donc certainement d'autres attaques de Voltaire contre Titon et plus vives que ce quatrain ; mais, apparemment. Voltaire lui-même les aura retirées de son vivant, et elles semblent jusqu'à présent avoir échappé aux modernes éditeurs de ses Œuvres.

Nous avons beaucoup parlé de Titon du Tillet dans notre Introduction. Nous n'ajouterons qu'un mot pour dire que cet excellent homme, né en 1677, mort en 1762, fut successivement capitaine de dragons, — maître d'hôtel de la duchesse de Bourgogne, dauphine de France, — puis, après la mort de cette princesse, il eut en 1713 et garda

I. Œuves complètes de Voltaire, édit. Moland, t. X (1877), p. 482.

APPENDICE l8l

longtemps l'emploi lucratif de commissaire provincial des guerres.

Son père, Maximilien Titon (né en i63i, mort en 171 1), seigneur d'Ognonprès Senlis, fondateur et directeur-général des manufactures et magasins d'armes du roi, était très aimé du grand Condé, comme le prouve l'anecdote suivante, fort peu connue. — Ce Titon habitait souvent sa terre d'Ognon, et venait de là visiter le prince à Chantilli. Un jour qu'il y dînait, la conversation ayant tourné sur la beauté des jardins de cette résidence et les fleurs sans nombre, jacinthes, jonquilles, tulipes, etc., qui en décoraient les parterres : — Monsieur Titon, dit tout à coup le vainqueur de Rocroi, pourriez-vous me dire combien il y a d'Ognon à Chantilli ? — La tablée très monbreuse, comprenant : " combien d'oignons ", et voyant là une plaisanterie du maître, part d'un immense éclat de rire ; mais lui : — Ne riez pas, messieurs ! vous allez voir qu'il va nous le dire sans hésiter.— Assurément, monseigneur, répond Titon : il y a un peu moins de quatre lieues. — Ahurissement général... et Condé de rire!...

Je tiens ce trait amusant de feu M. Jules Carron, consulgénéral de France à Edimbourg, conseiller général d'Illeet-Vilaine, dont la femme, descendante de Maximilien Titon, avait trouvé cette anecdote dans ses traditions de famille.

Dates des Lettres de Voltaire à Des Forges Maillard.

ROIS lettres de Voltaire à Des Forges Maillard ont été imprimées, d'abord par Des Forges dans ses Mémoires historiques ou préface de sesŒuvres, édit. ijSg (t. I, aux p. viii-ix, — XXXII, — et xLvii-xLvm), puis dans les diverses éditions de la Correspondance de Voltaire ; nous en avons reproduit le teste, sinon en entier, du moins en très grande partie dans l'Introduction du présent volume, aux p. ix, — Lii-Liii, — et Lxi. Voici le début de chacune de ces trois lettres, que nous cotons par A, B, C, dans l'ordre où Des Forges les a placées dans ses Mémoires historiques.

Lettre A. " De longues et cruelles maladies dont je suis depuis longtemps accablé " [Mém. hist., p. viii-ix, et dans l'Introduction du présent vol., p. ix).

Lettre B. " Votre changement de sexe, Monsieur, n'a rien altéré de mon estime pour vous" (Afe'w. hist., p. xxxii; Introduction, lii-liii).

Lettre C. "Lesfréquentes maladies dont je suis accablé" {Mém. hist., p. xlvii-xlviii ; Introd., lxi et ex).

Les meilleures éditions de Voltaire, notamment celles de Beuchot et de M. Moland, placent ces trois lettres sous

APPENDICE l83

l'an 1735 avec ces dates de mois : lettre B, "le... février, Vassy " ; — lettre C, " le... avril " ; — lettre A, " le... juin " (voir édition Moland, t. XXXIII, p. 480, 492 et

Avant l'édition Btuchot, publiée de 1829 à 1834, on trouve, dans diverses éditions de la Correspondance, un ordre un peu différent. La lettre A est mise en 1733 sous la date " le... juin " ; les deux autres en 1735, B en février, et C en avril sans désignation de jour.

Toutes ces dates sont plus ou moins erronées, comme le prouvent les Mémoires historiques de notre auteur, où il indique l'époque et les circonstances où il a reçu chacune d'elles.

La lettre A n'est ni de 1733 ni de 1735. Du texte même de cette lettre il résulte que Des Forges la reçut étant encore très jeune et avant de s'être déguisé en demoiselle de Malcrais, c'est-à-dire avant 1730. Les Mémoires de Des Forges la présentent comme à peu près du même temps que la lettre en prose où notre auteur prit la défense de la Henriade dans le Mercure de décembre 1724 (voir notre Introduction, p. viii-ix ci-dessus) ; et puisqu'elle est du mois de juin, elle doit être de juin 1725 '.

La lettre B est bien de 1735, mais non du mois de février, comme disent toutes les éditions de la Correspondance de Voltaire; elle est du 23 juillet, je l'ai prouvé dans l'Introduction du présent volume, note i de la page lui cidessus.

La lettre C n'est point de 1735, mais de 1745. C'est une réponse à une lettre de Des Forges écrite " quelques

I. C'est par erreur qu'à la ligiie 7 de la p. ix ci-dessus de notre Introduction, on a imprimé " jvnV 1725 "; il faut lire : "juin 1725 ".

IlES FORGES MAILLARD

mois après son arrivée en Bretagne ", quand y il revint de Paris avec le président de Robien: notre poète le dit formellement {Mém. hist., p. xlvii). Cette arrivée ayant eu lieu, à Rennes, le 26 janvier 1745 (voir p. ex ci-dessus, note 3), la réponse de Voltaire est nécessairement de 1745, avril.

Voici donc les rectifications à faire pour ces lettres, en guise d'errata, dans les éditions Beuchot et Moland :

Lettre A, au lieu de juin 1735, /isef juin 1725.

Lettre B, — février 1735, — 23 juillet 1735.

Lettre C, — avril 1735, — avril 1745.

Ces erreurs chronologiques ne laissent pas, on le voit, que d'être assez lourdes.

Naissance, mariage, sépulture, postérité de Des Forges Maillard.

>ous avons donné plus haut (p. vu de l'Introduction, à la note) l'acte de baptême de Des Forges Mailiard, d'où il résulte qu'il naquit le 24 avril 1699, et non le 25 comme le porte l'inscription de son portrait en tête de l'édition de ses Œuvres de 1759, et comme le disent quelques biographes. Mais nous avons omis d'inJiquerles témoins qui ont signé cet acte, tous parents ou alliés de sa famille, bons à connaître. Il faut donc compléter l'extrait de la p. vu par ce paragraphe :

Il Le registre est signé : Ollive Toussaint. Gabriel Maillard. Louis Audet. Renée Yvicquel. Joseph Audet. René Coquard. D.-L. Mercier. De .Morinay Calvé. Cha. Morvan. Paul Maillard. Maillard, recteur d'Herbignac. u

Voici, dans leur texte complet, les actes de mariage et de sépulture de notre poète :

Extrait du Registre des baptêmes, mariages et sépultures de Péglise de Noire-Dame de Pitié du Croisic. paroisse de Bat^, évêché de Nantes, pour l'année 1743. — 0 Le 5" jour de décembre 1743, après la publication d'un ban faite dans l'e'glise

l86 DES FORGES MAILLARD

de cette paroisse; vu la dispense des deux autres et celle du temps de TAvent ; vu aussi le certificat de publication de trois bans faite dans l'e'glise de Saint-Pierre de Vannes, le tout canoniquement et sans opposition, ont esté e'pouse's noble homme Paul Maillard, sieur des Forges, fils majeur de feu noble homme Paul Maillard, aussi sieur des Forges, vivant maire de cette ville, et de demoiselle Marie Audet, ses père et mère, de cette paroisse, — et dame Marie-Anne Le François, veuve d'écuyer Guillaume-François de Boutouillic, seigneur de la Porte, vivant conseiller au Pre'sidial de Vannes. Pre'sents et consentants, ladite Marie Audet, mère de l'e'poux ; noble homme Louis Maillard, maire en charge de cette ville; et écuyer Pierre Calvé, sieur de Pradisé, et autres tous soussignés Ladite épouse de la paroisse de Saint-Pierre de Vannes, et demeurant depuis quelque temps en celle-ci.

n Le registre est signé : Marie-Anne Le François Boutouillic. Paul des Forges Mailiard. Marie Audet. Louis Maillard. Perrine Goupil. Jeanne Maillard. Cécile Maillard. Marie-Félicité- Vincente Boutouillic . Pierre Cahé de Pradisé. Thérèse Maillard. Guibert, recteur. »

Parmi ces signataires, après l'épouse et l'époux nous trouvons, entre autres, la mère et un frère de celui-ci (Louis Maillard, maire du Croisic), trois sœurs du même (Jeanne, Cécile, Thérèse Maillard), et une fille du premier lit de la mariée (Marie-Vincente-Félicité Boutouillic), celle même qui avait accompagné sa mère et notre poète en chaise de poste dans leur voyage précipité de Vannes au Croisic (voir ci-dessus, Introduction, p. cviii). Suit l'acte de décès :

Extrait du Registre des baptêmes, mariages et sépultures de l'église paroissiale de Notre-Dame de Pitié de la ville du Croisic pour l'année 1772. — • L'onzième jour de décembre 1772, aété inhumé dans lecimetiére le corps d'écuyer Paul Maillard, sieur DES Forges, décédé d'hier âgé de soixante-treize ans, vivant mari de dame Anne-Marie Le François, présens les parens soussignés.

« Le registre est signé : Maillard de la Villerenault. Maillard d'Araezeul. De Barjulé. D'Espinos. DeKergorre Cavaro, recteur.»

Quelque biographes, prenant la date de l'inhumation de notre poète pour celle de sa mort, mettent celle-ci à tort le II décembre 1772, au lieu du 10. La lettre écrite sur cette mort au /oHr«a/ de Verdun (1773,1.!, p. i35, février) par un M. Roi ou Roy, qui s'intitule chanoine de Nantes et « confrère » (en poésie) de Des Forges Maillard, est encore plus loin de la vérité, car elle le fait mourir le 7 décembre. Après cette erreur vraiment singulière de la part d'un habitant de Nantes, à qui il était facile de se renseigner exactement, on se demande si le bon chanoine mérite plus de confiance en ce qu'il dit de la dernière maladie de Des Forges, qui aurait été, selon lui, une hydropisie : seul renseignement nouveau qu'on trouve dans sa lettre.

Nous dirons quelques mots — pour terminer — des quatre enfants de notre poète (voir ci-dessus Introduction p. cxv).

Le second fils, Guillaume-Marie-Evrard, dut mourir jeune : on ne trouve d'autre trace de son existence que son acte de baptême.

L'aîné, Paul-Philippe, épousa, le 6 août 1782, à Escoublac', Anne-Bertrande-Charlotte Le Long de la Touche, dont il eut au moins une fille (Marie-Thomase-Pauline) née le 27 avril 1784 ; peu de temps après il quitta le comté Nantais et alla à Binic, où on le trouve établi l'année suivant (suivant un acte du 20 décembre 1785) ; ce qui sans doute le décida à vendre Brederacà son cousin (voir p. 177 ci-dessus).

Marie-Renée, l'aînée des filles, épousa, le 9 janvier 1 77 1 ,

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