‹ Œuvres ophtalmologiques de Thomas YoungChapitre 19 sur 35 · G. Œil gauche, 0' G* Son image · texte numérisé non relu

G. Œil gauche, 0' G* Son image

c. Échelle, c' Son image.

du champ de regard est d'environ 55^ (voir p. 145) cette excursion ne rencontre pas de difficultés ; mais il est difficile pour la plupart des personnes d'accommoder pour un objet placé aussi près des yeux que l'image de l'œil gauche, tout en maintenant les lignes visuelles en parallélisme. Les myopes réussiront plus facilement l'expérience. On

peut la faciliter en mettant un verre convexe devant l'œil droit, et en inclinant le miroir de manière à rapprocher le bord droit autant qu'il est possible de la figure, sans que l'image de l'arête nez vienne masquer l'image de l'œil gauche.

La corde, c, et le sinus verse, v, déterminés, ou calcule le rayon B, en admettant que la cornée soit sphérique, au moyen de la formule

-nr

La valeur de 7, 87°"" est la moyenne des deux valeurs (7,2"™ et 8,4"""), correspondant aux deux valeurs de c.

On peut s'étonner qu'il soit possible d'obtenir ainsi une mesure tant soit peu exacte du rayon de la cornée, mais le chiffre de Youko concorde très bien, comme on voit, avec les résultats des mesures ophtalmométriques.

I* L'œil étant dirigé vers son image, la projection du bord de la sclérotique est à 5,59""" (0",22) du bord de la cornée, du côté de l'angle externe et à 6,86™" (0",27) du côté de l'angle interne, en sorte que la cornée présente une excentricité de 0,63""" (î^j") par rapport à la section de l'œil perpendiculaire à l'axe visuel.

' Les mtsucea que Yuunu iiidi(|ue dans le texte, concordent très bien arec lang. SS, maia pas avec la fig. 33. Il fuut uilmettre que cette dernière regirùenle l'icil droit, ou que la figure

Sa mesure

L'ouverture de la pupille varie de 6,86°*™à3,30°»"*(0",27 à0",13). Ouverture Telle est du moins sa grandeur apparente, qui doit être quelque ^"'^ ^^"^ peu diminuée, en raison du pouvoir grossissant de la cornée, et fixée peut-être à 6,35«>*» — 3,05°»«> (0",25 — 0M2).

Lorsque la pupille est dilatée, elle est presque aussi excen- Excentricité c trique que la cornée. Mais lorsqu'elle atteint son maximum de con- * ^^^ traction, son centre coïncide avec l'image réfléchie d'un objet posé immédiatement devant l'œil, et cette image est à peu près au centre de tout le bord apparent de la sclérotique : en sorte que l'axe visuel est perpendiculaire à la cornée.

Au repos, mon œil réunit en un foyer sur la rétine des rayons, Astigmatbm situés dans un plan vertical et émanant d'un objet distant de 10" (254™'") de la cornée, et des rayons situés dans un plan horizontal d'un objet situé à 7" (178™™). En effet, si je place le plan de l'optomètre verticalement, les images de la ligne semblent se croiser à 10", et si je le place horizontalement, elles ne s'entre-croisent qu'à 7". La différence s'exprime par la distance focale d'une lentille de 23 '(1,7 d). Je n'ai jamais éprouvé aucune incommodité de cette imperfection, et je ne l'avais pas remarquée avant d'aVoir fait ces expériences. Je crois, du reste, que je peux observer des menus objets avec autant d'exactitude que le font la plupart de ceux dont les yeux sont construits différemment. M. Cary, à qui j'ai mentionné ce fait, m'informe qu'il en a fréquemment observé de semblables ; que beaucoup de personnes sont obligées de placer les verres concaves obHquement devant leurs yeux pour voir distinctement, contre-balançant par cette inclinaison des verres le trop grand pouvoir réfringent de leur œil dans la direction de l'inclinaison (Cor. 10. Prop. IV) ; ces personnes n'éprouvent que peu de soulagement de ces mêmes verres, montés en lunettes.

La différence ne tient pas à la cornée, car elle persiste lorsque l'effet de la cornée est neutralisé par un moyen que je décrirai ciaprès [en plongeant Tœil dans Teau], La cause est sans doute

l'obliquité de l'iris et du cristallin, qui lui est presque parallèle, par rapport à l'axe visuel. D'après les dimensions déjà données.

Sa cause probable

cette obliquité paraît atteindre environ dix degrés. Sans faire un calcul très exact, on trouve que la différence observée exigerait une inclinaison de treize degrés (suivant le même corollaire). Les trois degrés restants peuvent facilement être ajoutés par l'obliquité plus grande de la surface postérieure du cristallin, celle qui n'est pas en Sa correction coutact avec la pupillc. Il ue serait pas diflScile de fixer des verres de lunettes ou l'oculaire concave d'un télescope dans une position apte à corriger ce défaut.

Ces quelques lignes contiennent la première description de Tastigmatisme, ce défaut si commun de Toeil humain, ainsi que la manière d'exprimer son degré par la distance focale d'une lentille qui corrigerait le défaut. On attribue souvent cette notation à Donders. Il résulte des mesures de Young que son œil avait un astigmatisme inverse de 1,68 D, le méridien vertical étant myope de 3,94 Z), le méridien horizontal de 5,62 D. 11 avait en outre démontré que le défaut ne pouvait pas avoir son siège dans la cornée, puisqu'il persistait, l'œil étant plongé dans l'eau. Il ne trouva donc rien de mieux que de l'attribuer à l'obliquité du cristallin, qu'il avait constatée par une simple inspection de l'œil.

Remarquons d'abord, que l'obliquité du cristallin doit en effet produire un astigmatisme inverse. Au moyen des formules de la Prop. IV, ou par une expérience très simple, on se persuade facilement qu'en plaçant une lentille obliquement, le faisceau réfracté devient astigmate, le méridien le plus réfringent étant celui qui contient le rayon ^central) incident et l'axe de la lentille. La position du cristallin étant telle qu'elle résulterait d'une rotation en dehors, c'est le méridien horizontal, qui contient la ligne visuelle et l'axe du cristallin, qui devient le plus réfringent. En admettant une obliquité de 13^ et en mettant la distance focale du cristallin à 43,90"*"^ (voir p. 132), on amve à un astigmatisme d'environ 1,71), comme Young l'indique. Mais il est plus difficile de comprendre, comment il a cru pouvoir constater une obliquité si grande.

J'ai répété les expériences en question. La première consiste tout simplement à regarder l'image de l'œil dans une glace, en écartant les paupières autant que possible, au besoin avec un élévateur. On peut ainsi vérifier le fait constaté par Young, que la bande visible de la sclérotique est plus large en dedans qu'en dehors, et ses chiffres, qu'il a obtenus en comparant l'image de l'œil avec l'image d'une échelle, tenue près de l'œil, ne s'écartent en tout cas pas beaucoup de la vérité.

Il donne 5,59™°* pour la projection de la bande externe et 6,86"*™ pour la bande interne. On remarquera que la somme de ces deux

chiffres est exactement égale au chiffre de la corde cornéenne (12,44) et à la moitié du diamètre transversal du globe. Son raisonnement semble avoir été le suivant. Lorsqu'on regarde, avec un œil, une sphère, placée à quelque distance on en voit la moitié, et la limite entre les parties visibles et non visibles est formée par un grand cercle, dont le plan est perpendiculaire à la ligne visuelle dirigée vers le centre de la sphère. En regardant son image dans la glace, Toeil voit donc la moitié antérieure du globe, limitée en arrière par un grand cercle dont le plan est perpendiculaire à la ligne visuelle.

•xt

ini

Fig. 34. T.

Œil gauche de Young, vu d'en face. Grossissement 3. (Schématique.)

e fg h. Anneau sclérotical.

e g. Limbe coméen.

d. Bord de la pupille dilatée.

c. Bord de la pupille contractée.

a. Image d'une flamme vers laquelle est dirigée la ligne visuelle. L'image est située

au centre du pourtour sclérotical {fh) et de la pupille contractée.

h. Centre du limbe cornéen (e g) et de la pupille dilatée {d).

Sur ce grand cercle [f, Fig. 34) se projette le petit cercle de la cornée (e.), mais excentriquement. Soient a le centre du cercle sclérotical et h le centre du cercle cornéen, on a alors

ef= 6,86

a6 = 6e + ef— af = 0,64*"*"

comme l'indique Young.

Pi

"Ôi"

yfo

Fig. 35. T.

P. Section horizontale du l'fi>il gniicho, vun d'en haut.

cd. Miroir.

Pi. Image de l'œil.

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