‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 140 sur 552 · Ps. xi.iv · texte numérisé non relu

Ps. xi.iv

7. Passage soulisné, c'est-à-dire supprimé, que les éditeurs ont cepen-

dant maintenu : rt Et il ne faut pna s'étonner si. parmi tant de secours, tant de saciements, tant de ministores divers de l'Eglise. le saintconcile de Trente a déterminé f-SeM. V, cap.

1 1 ] qu'il n'y a rien de plus nécessaire {rar.: que le plus nécessaire de tous, c'est celui de la sainte prédication, — c'est la prédication) que la prédication de l'Evangile : puisque c'est elle qui a opéré de si grands miracles. Elle a établi... »

8. Première rédaction : Tous ces effets. Messieurs, furent autrefois :

mais il ne nous en reste...

SLR LA PRÉDICATION F.VANGÉLIQL'R. ISO

reçoivent, et partout la dureté iiiviiK'il)le des cœurs l)réocru|>é.s lui ferme l'entrée.

Ce n'est pas qu'on n'assiste aux discours sacrés. La jiresse est dans les églises durant cette sainte rjuarantaine; plusieurs prêtent l'oreille attentivement; mais^ qu'il y en a, dit le Fils de Dieu, (lui en voyant ne voient pas, et en écoutant n'écoutent pas ^ ! «Mes Frères, dit saint Augustin, la prédication^ est un grand mj'stère : Magnum sacramentum, Fraircs* yy. Le son de la pamle frappe au dehors; le Maître, dit saint Augustin, est au dedaris : la véritable prédication se fait dans le cœur. Ainsi, pour entendre prêcher Jésus-Christ, il ne faut pas ramasser son attention au lieu où se mesurent les périodes, mais au lieu où se règlent les mœurs ; il ne faut ])as se recueillir au lieu où se goûtent les belles pensées, )iiais au lieu où se produisent les bons désirs. Ce n'est ]ias même [p. 20] assez de se retirer au lieu où se forment les jugements : il faut aller à celui où se prennent les résolutions. Enfin, s'il y a quelque endroit encore ])lus profond et plus retiré, où se tienne le conseil du cœur, où se détermine[nt] tous ses desseins*, où l'on donne le branle à ses mouvements, c'est là que® la pa-

1. Première rédaction : (( Mais ce n'est ni Toreill» ni l'esprit {va: : ce n'e.'t pas l'esprit) que Jésus demande, Clirétiens. la prédication est nn m y.«tère : le son de la parole frappe au dehors, mais le îfaîtrc, dit saint Ançustin, est au dedans, et la véritable prédication se fait dans le coeur : SonH." verhorum aures perciit'it. Maghter hitiis est (In Epist.

Jo&u.,Traci.'l'['l.nA'.i). » C'est pourcpioi ce Maître céleste a dit tant de fuis en préchant :«:Qui a des oreilles ])Our ouïr, qu'il écoute. » (Matth., .MU. y). 11 savait, ce divin Docteur (rar. effacée, mais maintenue par les éditeurs dans le texte même :

Certainement, Chrétiens, il ne parlait pjas ;\ des sourds, mais il savait qu'il y en a (t qui en voyant ne voient l'as, et qui en écoulant n'écoutent ]ius. » [Ibid., 1.^.) Il savait qu'il y a en nous un endroit profond où la voix humaine ne pénètre point, où lui seul a droit de se faire entendre, (t Qu'elle ept secrète, dit saint Augustin, qu'elle est éloignée des sens

de la chair, cette retraite (var. : cette place) où Jésus- Christ fait leçon, cette école où Dieu est le maîti'e ! )) Valde remota eH a fensihns rurnis kœc scliola .. {De Pr<fâcst. sanct., cap. VIII, n. 13.) Pot rencontrer cette école et pour écouter cette leçon, il faut se retirer au pins grand secret et dan» le centre du cœur ; il ne faut pas ramasser son attention an lieu où... » La suite, comme dans le texte. — Les éditeurs ont voulu tout conserver, en fondant les deux rédactions en une. C'est prêter des longueurs à Bossuet, au moment où il visait h une énergique concision.

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