‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 147 sur 552 · ui'. : nous le.= rpnri'senfent · texte numérisé non relu

ui'. : nous le.= rpnri'senfent

196 CAHÉ.ME DU l.OLVHE.

en sursaut, conime d'un profond assoupissement. Il commence à se repentir de s'être si fort attaché au uiunde, qu'il est enfin contraint de quitter. Il veut rompre en un moment ses liens, et il sent, si toutefois il sent quelque chose, qu'il n'est pas possible, du moins tout à coup, de faire une rupture si violente ; il demande du temps en pleurant, [p. 3] pour accomplir un si grand ouvrage, et il voit que tout le temps lui est échappé. Ha ! dans une occasion si pressante, où les grâces communes ne suffisent pas, il implore un secours extraordinaire ; mais comme il n'a lui-même jamais eu pitié de personne \ aussi tout est sourd à l'entour de lui au jour de son affliction '. Tellement que par ses plaisirs, par ses empressements, par sa dureté, il arrive enfin, le malheureux ! à la plus grande séparation sans détachement (premier point) ; à la plus grande affaire sans loisir (deuxième point) ; à la plus grande misère sans assistance [troisième point]. O Seigneur, Seigneur tout-puissant, donnez efficace à mes paroles, pour graver dans les cœurs de ceux qui m 'écoutent des vérité si importantes. Commençons à parler de l'attache au monde.

Premier Point.

I/abondance, la bonne fortune, la vie délicate et voluptueuse sont comparées souvent dans les Saintes lettres à des fleuves impétueux, qui passent sans s'arrêter et tombent sans pouvoir soutenir leur propre poids ^. Mais, si la félicité du monde imite un fleuve dans son inconstance, elle lui ressemble aussi dans sa force, parce qu'en tombant, elle nous pousse, et qu'en coulant elle nous tire : Attendis quia îabitur, cave quia trahit, dit saint Augustin*.

[P. 4] Il faut aujourd'hui, Messieurs, vous représenter cet attrait puissant. Venez et ouvrez les yeux, et voyez les liens cachés dans lesquels votre cœur est pris ; mais, pour comprendre tous les degrés de cette déplorable servitude où nous jettent les biens du monde, con-

Page 1